La mobilisation lycéenne a franchi un nouveau cap à Montpellier ce jeudi 1er octobre. Malgré le mauvais temps, sept établissements ont été bloqués, et la matinée a été marquée par des incendies, des dégradations et des affrontements avec les forces de l'ordre. Selon nos informations, les lycées Jean-Monnet, Jean-Mermoz, Jules-Guesde, Joffre, Clemenceau, Pierre-Mendès-France et Léonard-de-Vinci ont été concernés. Les dégradations ont entraîné la fermeture de Pierre-Mendès-France et de Jules-Guesde. Treize personnes ont été interpellées à Montpellier et à Sète.
Incendie et dégradations à Pierre-Mendès-France
Au lycée Pierre-Mendès-France, la mobilisation a rapidement dégénéré. Des jeunes qui tentaient de bloquer l'établissement ont arraché des panneaux de signalisation et causé des dégradations aux abords du lycée. Un incendie a été déclenché devant l'établissement, mais il a été rapidement maîtrisé, même s'il a provoqué d'importantes fumées. Les grandes grilles situées devant le lycée ont limité la propagation des flammes.
La police est intervenue vers 8 h 30 pour faire évacuer les jeunes présents sur place. Des enseignants et des personnels ont été confinés à l'intérieur de l'établissement jusqu'aux alentours de 9 heures. Le lycée est resté fermé toute la journée. Une partie des jeunes aurait ensuite pris la direction du centre commercial Odysseum, où des clients ont signalé sur les réseaux sociaux des débordements et des dégradations. Selon une source policière, des vols ont également été signalés dans plusieurs enseignes.
La loge du gardien brûlée à Jules-Guesde
Du côté de Jules-Guesde, un incendie volontaire a touché la loge du gardien vers 10 heures, alors que des lycéens organisaient un blocage de l'établissement. L'incendie a entraîné le déclenchement de l'alerte intrusion. Une enseignante témoigne : « Les quelques collégiens que nous accueillons ont été confinés à l'intérieur. Les lycéens ont quitté les lieux. » L'établissement a finalement fermé ses portes.
Pour les lycéens sur place, le message doit être entendu sans passer par la violence. Louise estime : « Au début, il y avait juste la musique et les gens dansaient. Avec ce feu, ça décrédibilise complètement la cause. » Son camarade Raphaël insiste : « C'est un groupe qui est arrivé d'autres lycées, la plupart ne venaient pas de Jules-Guesde. » Louise, interne, souligne les conditions des élèves : « Depuis la rentrée, il fait extrêmement chaud en classe. Il y a aussi Parcoursup qui est un système problématique, la dépression est en hausse… »
Revendications et affrontements
À la cité scolaire Clemenceau, la mobilisation se poursuivait également. Les élèves ont installé un barrage filtrant afin de ne pas empêcher l'accès des collégiens à l'établissement. Une petite centaine de lycéens réclamait davantage de moyens tout en ciblant l'extrême droite. On pouvait lire sur les pancartes : « Vous avez fermé le dialogue, on a ouvert le blocus », « 35 élèves, 1 professeur, 0 budget, cherchez l'erreur », « La jeunesse fâchée, pas facho ! », « La jeunesse emmerde le Front national ».
Le lycée Jean-Mermoz a été l'un des principaux points de tension de la matinée. Policiers et pompiers sont intervenus dès 8 heures pour des feux de poubelles devant l'établissement, bloqué par les manifestants. Les flammes ont atteint le parvis et le portique d'entrée. La présence d'aérosols dans les bennes a provoqué plusieurs explosions. Selon les forces de sécurité présentes sur place, aucun cocktail Molotov n'a été utilisé. Vers 11 h 30, les jeunes avaient quitté les abords du lycée, mais un important dispositif de police municipale et nationale restait mobilisé.
Plusieurs groupes se sont ensuite rendus dans le quartier voisin Antigone, où des affrontements avec les forces de l'ordre ont éclaté. Au moins un engin d'artifice a été saisi. Plusieurs dizaines de jeunes, dont certains encagoulés, ont fait face à plusieurs compagnies de CRS, et les gaz lacrymogènes ont répondu aux jets de pierres. Au total, treize personnes ont été interpellées à Montpellier, mais aussi à Sète, pour des jets de projectiles et des coups et blessures volontaires sur les forces de sécurité. La préfète de l'Hérault, Chantal Mauchet, a précisé qu'une policière a été heurtée à la tête par un pavé, tandis qu'un policier municipal a été pris en charge par les pompiers après avoir été touché par un projectile explosif.