Un an après la mise en examen d'Annie F., ancienne assistante maternelle à Vic-la-Gardiole (Hérault), pour des viols et agressions sexuelles sur des enfants de 3 et 4 ans, le dossier reste au stade des expertises. Les familles des victimes présumées s'impatientent face aux lenteurs de la procédure, tandis que les experts psychologiques appellent à la plus grande prudence.
Une mise en examen et des plaintes en hausse
Annie F., âgée d'une cinquantaine d'années, a été placée sous contrôle judiciaire le 14 août 2025 après avoir passé deux semaines en détention provisoire. Elle est mise en examen pour des viols et agressions sexuelles sur des enfants du groupe scolaire de Vic-la-Gardiole, des faits qu'elle conteste intégralement. Le juge d'instruction a initialement retenu neuf plaintes de parents d'enfants qui auraient été abusés pendant la sieste ou aux toilettes de l'école, avec des descriptions d'attouchements, de pénétrations digitales ou avec des stylos.
En janvier 2026, le parquet de Montpellier a identifié 13 nouvelles victimes potentielles dans un réquisitoire supplétif. Cependant, Annie F. n'a toujours pas été entendue par le juge instructeur pour ces nouveaux faits, ce qui suscite l'incompréhension des parties civiles.
L'impatience des familles et des avocats
Me Florian Medico, avocat de trois enfants issus de deux familles, dénonce un dossier qui illustre "l'état déplorable des moyens donnés à la justice". Ses clients, dit-il, "font preuve de patience et de confiance en l'institution judiciaire malgré les délais qui leur sont difficilement supportables". Me Guillaume Raymond, autre avocat des parties civiles, évoque "une attente qui devient insupportable avec beaucoup de questions sans réponse".
Une mère de famille de la commune, qui mène le combat pour que la vérité éclate, exprime sa détermination : "ce que je veux c'est la justice pour nos enfants, ils n'ont pas pu inventer ça, de toute façon, on ne lâchera pas". Des mamans en colère étaient d'ailleurs présentes devant le tribunal judiciaire de Montpellier lors des dernières manifestations liées à l'affaire Lyhanna.
La défense clame l'innocence et la prudence des experts
Me Rémi Bertrand, en défense, souligne qu'Annie F. "n'a toujours pas été convoquée pour un deuxième interrogatoire" et que les derniers actes sont des interrogatoires d'environnement qui démontrent qu'elle est "une femme entourée, appréciée par ses proches, avec de bonnes compétences professionnelles, sans aucun problème de comportement jusqu'à cette histoire". Il décrit une femme "blessée" qui "souffre d'être éloignée de son domicile, de ses proches", a perdu son travail et se sent "couverte d'opprobre". "Elle nie tout en bloc. Pour elle il est inconcevable d'avoir commis de tels actes, sciemment ou par mégarde", ajoute-t-il.
Les délais s'expliquent par la nécessité pour le juge d'attendre les rapports des expertises psychologiques des enfants des 13 plaignants. Selon nos informations, ces expertises ont été rendues au fil de l'année, les dernières tout récemment cet été. Un proche du dossier révèle que "la plus grande prudence est observée" : les experts n'excluent pas la contamination possible des paroles de ces tout petits, entre le moment où les gendarmes ont alerté les parents qui ont eux-mêmes questionné leurs progénitures.
Me Marc Gallix, autre partie civile, réagit : "Ces enfants sont perturbés, certains affichent des signes alarmants, on ne peut pas dire que la parole d'un enfant ne vaut rien. Il n'y a pas de complot des parents qui, surtout, ne veulent pas que cela se reproduise ailleurs."
Le juge doit trancher
Le juge d'instruction doit désormais trancher lors d'une prochaine convocation d'Annie F., toujours présumée innocente. Les parties civiles, bien que conscientes des difficultés, restent déterminées à obtenir justice pour les enfants.



