Béziers : 18 ans requis contre le conducteur qui a écrasé une mère
Béziers : 18 ans requis pour meurtre sur une mère

L'avocat général Damien Kincher a requis 18 ans de réclusion criminelle à l'encontre de Félix Tavares, 51 ans, jugé pour meurtre devant la cour d'assises de l'Hérault. L'accusé est poursuivi pour avoir écrasé Mylvia Calvayrac, 48 ans, sur le parking de Béziers-Plage, dans la nuit du 25 décembre 2021, alors qu'il était en état d'ivresse et en proie à une vive colère.

Un drame survenu après une bagarre

Le soir des faits, Félix Tavares, impliqué dans une bagarre avec d'autres noctambules, avait pris le volant dans un état de fureur et d'ébriété avancée. Selon les témoignages rapportés par Midi Libre, il a volontairement dirigé son véhicule vers la victime, qui marchait sur le parking après sa sortie d'un établissement de nuit. Les analyses ont révélé un taux d'alcoolémie supérieur à deux grammes pour le conducteur et plus d'un gramme pour son passager, Mario, poursuivi pour non-assistance à personne en danger.

Claude, l'un des physionomistes de la discothèque, a décrit la scène aux enquêteurs : « Pour moi, le coup de volant qu'il met, il est volontaire. Il fait un tour, il redémarre, elle était presque arrivée à sa voiture, il la monte en l'air, elle fait un soleil et elle retombe. » Un témoignage jugé déterminant par l'accusation.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

La famille de la victime sous le choc

Mylvia Calvayrac, mère de deux filles âgées de 17 et 20 ans au moment du drame, est décrite par sa sœur Mélanie comme « rieuse, blagueuse, solaire, pas du tout une écervelée ». Sa mère, Fabienne, a confié aux juges et aux jurés : « L'absurdité de sa mort me sidère ». Mélanie a ajouté : « J'aimerais qu'on la considère autrement que comme une silhouette sur un parking », évoquant l'arrachement ressenti lorsque les policiers, « la mine défaite », sont venus annoncer la nouvelle au lendemain de Noël.

L'accusé, au casier judiciaire chargé, affirme ne se souvenir de rien en raison de son intoxication alcoolique. Une amnésie que Me Pechevis, partie civile aux côtés de Me Andreu, juge peu crédible : « On n'y croit pas une seconde. Il est impossible de ne pas voir le corps arriver sur le capot ni d'entendre le bruit. Quand on a commis un acte comme cela, on dessaoule immédiatement. »

La défense plaide l'homicide involontaire

Me Sarah Mauger Poliak, avocate de Félix Tavares, conteste la qualification de meurtre et demande une requalification en homicide involontaire. Elle s'indigne notamment de l'absence de reconstitution dans une affaire où la vision de l'accusé est centrale : « Comment dans ce dossier où tout se joue sur ce qu'il a pu voir a-t-on pu s'en passer ? Que la voiture ait dévié, c'est incontestable, mais le problème, c'est qu'est-ce qu'il a vu, lui, bourré comme un coin, comme il l'était ? » Elle a également dénoncé l'utilisation du terme « négroïde » dans les procès-verbaux du commissariat de Béziers pour désigner son client.

De son côté, l'avocat général a abandonné les charges contre Mario, le passager, estimant que les faits ne constituent pas une non-assistance à personne en danger. « C'est l'abstention de porter secours, on n'est pas du tout dans ce cas-là », a-t-il justifié.

Verdict attendu jeudi

La cour d'assises de l'Hérault doit rendre son verdict ce jeudi 10 septembre. Félix Tavares encourt la réclusion criminelle à perpétuité, la peine maximale pour meurtre. La décision des juges et des jurés mettra un terme à quatre années de procédure et déterminera si la thèse de la défense, celle d'un accident survenu sous l'emprise de l'alcool, prévaudra sur celle de l'accusation, qui décrit un acte délibéré commis sous le coup de la colère.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale