Astronomie à Antibes : observer les étoiles malgré la pollution lumineuse
Astronomie à Antibes : observer les étoiles malgré la pollution

Sur la Côte d’Azur, où le littoral est fortement éclairé, des astronomes amateurs du Groupement astronomique populaire de la région d’Antibes (GAPRA) parviennent à observer et photographier le ciel nocturne grâce à des caméras ultrasensibles et des filtres spéciaux, selon le président de l’association, Denis Huber.

Des progrès technologiques décisifs

« Certaines des plus belles images de Jupiter et de Saturne au monde ont été réalisées en plein centre-ville de Paris », affirme Denis Huber, qui coupe court à l’idée que la pollution lumineuse rendrait l’observation impossible. Le président du GAPRA, qui immortalise des clichés remarquables de la voûte céleste depuis Antibes, explique que la technologie a changé la donne.

« Si l’optique de nos télescopes est restée globalement identique à celle d’il y a vingt ans, les capteurs de nos caméras ont fait des progrès spectaculaires », révèle-t-il. Il ajoute : « Des filtres nous permettent de supprimer la pollution lumineuse, que ce soit la lumière bleue des LED ou la lumière orange des anciennes lampes à vapeur de sodium. »

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L’instabilité de l’atmosphère, un obstacle persistant

Un autre obstacle peut toutefois gêner les astronomes amateurs : l’instabilité de l’atmosphère. « Quand on monte sur les coteaux de Biot ou à Saint-Jeannet, on peut voir des nappes de brouillard rétroéclairées par la pollution lumineuse, illustre Denis Huber. Cela crée un voile qui nous empêche d’observer correctement le ciel étoilé. »

Hormis ces épisodes, ces passionnés peuvent admirer l’espace une bonne partie de l’année depuis leur observatoire situé sur le toit du lycée Léonard-de-Vinci, à Antibes, où ils réalisent des photos de galaxies « absolument fantastiques ». Les recherches scientifiques professionnelles de pointe, elles, exigent des « ciels parfaits », ce qui explique l’installation de grands observatoires dans des zones isolées à très haute altitude, comme au Chili.

Un combat pour l’environnement nocturne

Denis Huber ne minimise pas pour autant le fléau de l’éclairage urbain : « Les progrès techniques nous sauvent pour l’astrophotographie, mais la préservation de l’environnement nocturne reste un combat de chaque instant. » Avec le matériel adéquat, il est possible de faire honneur à notre système solaire et au-delà, mais certains clichés, comme celui de la Voie lactée pris par la photographe Tane au cap d’Antibes, exigent de s’éloigner du halo urbain.

« Le secret réside dans l’orientation : si l’on regarde vers la terre ferme et les zones urbanisées, la qualité est médiocre, admet l’astronome. En revanche, si l’on pointe l’appareil vers la mer, en direction de la Corse et de l’Afrique du Nord, l’horizon est très sombre et la Voie lactée apparaît distinctement. » Pour maximiser ses chances, il conseille de se rendre près de l’héliport de Biot, sur le plateau de Caussols ou aux environs du massif de l’Estérel et du mont Ours.

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