Attentat du 14-Juillet : la policière Sandra Bertin jugée pour dénonciation calomnieuse
Sandra Bertin jugée pour dénonciation calomnieuse à Nice

Près de dix ans après l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice, Sandra Bertin s’est retrouvée une nouvelle fois devant la justice ce mardi 2 juin 2026. L’ancienne cheffe du centre de supervision urbain (CSU), responsable de l’exploitation des caméras de vidéosurveillance ce soir-là, est poursuivie pour dénonciation calomnieuse.

Des accusations de pressions

Dans les jours qui ont suivi le drame, Sandra Bertin avait dénoncé des pressions émanant du ministère de l’Intérieur lors de la rédaction d’un rapport. Elle affirmait avoir été fortement incitée à présenter un dispositif de sécurité plus important qu’il ne l’était réellement.

Une relaxe en 2017

Déjà poursuivie en diffamation par Bernard Cazeneuve, alors ministre de l’Intérieur, Sandra Bertin avait été relaxée en 2017. Les magistrats avaient alors retenu sa bonne foi. Cette fois, la procédure a été engagée par une commissaire de police dépêchée par la place Beauvau au lendemain de l’attaque.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

La version de Sandra Bertin maintenue

À la barre, Sandra Bertin a maintenu la version qu’elle défend depuis près de dix ans. Aujourd’hui directrice de la police municipale niçoise, elle assure n’avoir jamais agi pour servir un intérêt personnel. « Les faits me paraissaient tellement graves qu’ils devaient être signalés », a-t-elle expliqué.

« Dix ans de calvaire » pour la commissaire

Face à elle, Me Estelle Vairevese, conseil de la commissaire Myriam B., absente à l’audience, a dénoncé « dix années de calvaire » pour sa cliente. L’avocate a rappelé que toutes les poursuites engagées par Sandra Bertin n’ont jamais rien donné. Elle a estimé que la prévenue, qu’elle a décrite comme « friande des médias », souffrirait d’un « syndrome du personnage principal ». Sont réclamés 15 000 euros au titre du préjudice moral ainsi que 5 000 euros pour ses frais de justice.

La défense plaide le contexte exceptionnel

La défense, assurée par Me Adrien Verrier, a au contraire replacé les faits dans le contexte exceptionnel de l’après-attentat. L’avocat a rappelé les nombreuses sollicitations dont sa cliente aurait fait l’objet dans les heures suivant l’attaque, évoquant des appels répétés et des tensions particulièrement fortes entre les différents services impliqués dans la gestion de la crise. Il réaffirme très clairement que les dénonciations formulées ne visaient pas une personne en particulier, mais « une manière de faire et une chaîne de commandement ».

Décision mise en délibéré

« Cette affaire doit trouver un épilogue », a-t-il conclu. Le tribunal a mis sa décision en délibéré. Le jugement sera rendu le lundi 6 juillet 2026.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale