Une ancienne salariée de Royal Canin conteste en appel l'absence de reconnaissance de harcèlement moral
Le dossier d'une ancienne employée de Royal Canin, licenciée en 2021, a été examiné ce mercredi 6 mai devant la cour d'appel du Gard. La plaignante, qui a travaillé près de vingt-cinq ans au sein de l'entreprise, conteste la décision du conseil des prud'hommes de Nîmes rendue en 2024. Si le licenciement abusif avait été reconnu en première instance, la qualification de harcèlement moral avait été écartée.
Une mise au placard après un arrêt maladie
Selon la plaignante, après son retour d'arrêt maladie pour une blessure au poignet, elle aurait été victime d'une mise au placard. Elle affirme avoir signalé une surcharge de travail à sa hiérarchie, sans obtenir de réaction. Son avocat, Me Olivier, a souligné qu'elle n'avait pas retrouvé son poste à son retour et qu'elle avait été sous-évaluée lors d'une évaluation professionnelle. Cette situation aurait conduit à un burn-out en 2019, reconnu comme maladie professionnelle. Me Olivier a également demandé la communication des procès-verbaux de l'inspection du travail, qui a mené une enquête entre 2022 et 2023.
L'entreprise conteste les accusations
L'avocat de Royal Canin, Me Raio de San Lazaro, a reconnu que l'évaluation avait été contestée, mais a estimé que cela ne constituait pas un harcèlement. Il a évoqué les nombreux échanges entre la plaignante et son supérieur, affirmant qu'il n'y a eu aucune alerte de Madame sur cette surcharge de travail. Au contraire, elle semblait avoir dépassé ce désaccord. Il a également souligné que la plaignante avait exprimé le souhait de revenir dans l'entreprise après son licenciement, ce qui serait incompatible avec une situation de harcèlement. La rupture du contrat a été justifiée par de longues absences pour maladie, rendant nécessaire le remplacement d'un poste jugé essentiel.
Un contexte plus large de souffrance au travail
Me Hassanaly, représentant la CFDT, a estimé que ce dossier s'inscrivait dans un contexte plus large de souffrance au travail chez Royal Canin. Elle a déclaré : Au sein de Royal Canin, ce n'est pas une maladie professionnelle qui est reconnue, ça en est plusieurs. Elle a insisté sur l'enjeu de ces dossiers, rappelant que certaines personnes se suicident. La décision a été mise en délibéré et sera rendue le 8 juin prochain.



