Le 10 mars 2026, une opération de gendarmerie a mis au jour l'existence d'un port qualifié d'illégal à Hyères, abritant 200 bateaux. Un adjectif que réfute l'un des propriétaires, Antoine, qui affirme avoir payé une taxe de dragage à la municipalité durant trente ans.
Un business juteux selon les enquêteurs
Installé sur les rives du Roubaud depuis 1982, le port privé a longtemps permis d'absorber le trop-plein d'embarcations au port de l'Ayguade. Antoine, ancien rédacteur de publicités installé à Los Angeles depuis 1979, est devenu malgré lui l'un des acteurs principaux de la procédure judiciaire. Selon les enquêteurs, la location d'anneaux rapporterait environ 400 000 euros par an aux entreprises créées pour l'occasion.
Garde à vue et saisies
Le 10 mars, une opération d'envergure est menée par les autorités. Antoine, son frère, un salarié et la propriétaire d'une autre parcelle sont placés en garde à vue. « J'avais reçu une convocation pour un rendez-vous avec les services de la DDTM pour un soi-disant contrôle d'urbanisme, raconte-t-il. C'était en réalité un piège pour que je vienne en France. » Les gendarmes débarquent en force, et Antoine se dit traité comme un trafiquant de la DZ Mafia. « On a été privés de notre liberté, de notre respect et de notre argent sur de simples allégations. »
Des saisies de près de trois millions d'euros et six véhicules sont ordonnées. « Ils ont pris 225 000 euros sur le compte de ma société et 700 000 euros placés sur un compte à terme. J'ai besoin de cet argent pour rénover ma maison à Carqueiranne », soupire le retraité, qui a déposé une demande en référé pour casser cette décision.
Contestation de l'illégalité
Antoine conteste le caractère illégal de son port privé : « On a réglé environ 225 000 euros de taxe de dragage à la municipalité depuis 1990, en toute transparence. » Il ne croit pas que l'échec d'une convention avec la mairie d'Hyères en 2020 soit à l'origine de la procédure pénale. « Depuis le temps, aucun arrêté n'a été pris constatant l'illégalité du port. Tout simplement parce que ce n'est pas le cas. »
Pour Antoine, le choix du 10 mars pour l'opération n'est pas anodin : « Le même jour, il y a eu une vague d'interpellations contre la DZ Mafia. Ce n'est pas une coïncidence. L'illégalité du port a été fabriquée pour d'autres objectifs. » Selon lui, les gendarmes visaient surtout son salarié, peut-être en lien avec une épave retrouvée au Levant. « Je ne suis au courant de rien dans cette affaire. Je peux juste affirmer que rien de ce que nous avons fait depuis 1990 n'est inconnu de la municipalité et de la DDTM. »
Un collectif pour informer les usagers
À la suite de l'opération, le « collectif de l'Ayguade » a vu le jour à l'initiative de deux propriétaires de bateaux, Florence et Philippe. « Notre but est d'informer les usagers du port des développements de l'affaire, avec des informations claires et établies afin d'éviter les ragots », explique Florence. Le collectif compte 56 membres, avec pour seule condition de posséder une embarcation sur la parcelle concernée.



