La sixième édition des Rencontres de la gauche se déroule ce samedi 19 septembre à Bram, dans l’Aude, trois semaines avant la primaire de la gauche et à sept mois de la présidentielle de 2027. Organisées par Carole Delga, présidente de la région Occitanie, ces rencontres réunissent la gauche sociale-démocrate, hors La France insoumise, autour d’ateliers, de débats et de tables rondes.
Un rendez-vous qui a changé depuis 2025
L’an dernier, le 27 septembre 2025, Carole Delga rassemblait à Bram un casting qui disait tout d’une envie d’union de la gauche, alors en gestation en vue de la présidentielle 2027. Olivier Faure, Marine Tondelier, Raphaël Glucksmann, Guillaume Lacroix et le sénateur communiste Jérémy Bacchi, représentant un Fabien Roussel excusé, avaient débattu de concert sur « l’avenir de la gauche et de la France ». Les leaders des socialistes, des Écologistes, de Place publique, des Radicaux de gauche et des communistes se parlaient alors.
Manquait bien sûr à l’appel La France insoumise, mais c’est aussi un peu l’idée et l’ADN de ce rendez-vous de Bram : la réunion de la gauche hors LFI. Marine Tondelier avait d’ailleurs été la seule à oser suggérer, lors du débat, l’idée d’une primaire qui inclurait LFI. Ce qui lui avait valu une bordée de sifflets du public, les seuls entendus lors de cette journée.
Trois candidats à la primaire présents à Bram
Un an a passé, une éternité en politique. Marine Tondelier a depuis continué à lancer des appels à l’union que peu ont écouté, même dans son propre parti où trois stratégies différentes pour la présidentielle s’opposent. Fabien Roussel y va de son côté, et le PS, Place publique, et la Gauche républicaine socialiste d’Emmanuel Maurel vont choisir leur propre candidat lors d’une primaire qui se déroulera les 9 et 10 octobre.
Même si des représentants d’autres partis (l’Écologiste Yannick Jadot, le communiste Léon Deffontaines, la députée Renaissance Agnès Pannier-Runacher…) ont confirmé leur venue à Bram, ce sont bien les représentants, élus, militants et sympathisants de la gauche sociale-démocrate qui formeront le gros des participants ce samedi 19 septembre.
Parmi les personnalités attendues, hors du champ du personnel politique, citons Jacques Attali, Frédéric Dabi, le directeur général du pôle Opinions de l’Ifop, Alain Di Crescenzo, président de CCI France, Anne Lauvergeon, ex-présidente du directoire d’Areva, Michel-Edouard Leclerc, le constitutionnaliste Benjamin Morel, Dominique Sopo, le président de SOS Racisme, ou la diplomate Laurence Tubiana, liste non exhaustive.
Chez les politiques, devraient participer, outre ceux déjà cités, la députée Renaissance Agnès Pannier-Runacher, Jean-Louis Borloo, Bernard Cazeneuve, Michaël Delafosse, Stéphane le Foll, Lamia El Aaraje, Guillaume Lacroix, le président du parti radical de gauche, ou Laurence Rossignol. Parmi eux, trois candidats à la primaire seront du déplacement dans l’Aude : Raphaël Glucksmann, soutenu par Carole Delga et une assez large majorité d’élus et cadres socialistes de la région Occitanie, Jérôme Guedj, et le député du Val-d’Oise Emmanuel Maurel, fondateur et animateur national de la Gauche républicaine socialiste. Absents, donc, Olivier Faure et Ségolène Royal (comme François Hollande ou François Ruffin, mais c’est un autre sujet).
Une gauche « centrée sur le réel »
« Les Français souhaitent le changement dans la clarté et ils ont raison. Nous devons refuser l’extrémisme et le communautarisme. Voilà pourquoi j’estime que Raphaël Glucksmann est le meilleur candidat pour la gauche. Parce qu’il a fait la preuve, de Bruxelles à Paris en passant par Kiev, de la sincérité de ses engagements et de ses combats », a déclaré Carole Delga, en amont de cet événement dont elle reste l’initiatrice avec son mouvement La République en commun.
Une façon de délimiter le périmètre de cette gauche qui apprécie de se retrouver une fois par an dans la petite commune de l’Aude, pour partager ateliers, débats, tables rondes, discours, et cassoulet. Une gauche qui serait donc définitivement irréconciliable avec celle incarnée par La France insoumise ? Une gauche à 30 % ?
Spécialiste, à la fondation Jean-Jaurès, des mouvements sociaux et politiques, Noé Girardot-Champsaur, auteur de l’ouvrage tout juste paru Organiser la victoire (sous-titré : De la base à la majorité comment la gauche pourrait gagner) ne le pense pas : « Je ne crois pas que ces gauches soient complètement incompatibles. Il y a toujours eu deux types de gauche, l’une plus radicale, l’autre plus réformiste, l’une qui permet d’avancer, l’autre de faire des compromis. Les deux sont légitimes, et complémentaires. »
Et de pointer un paradoxe, dans lequel il voit aussi un espoir pour la gauche : « Le problème, c’est que tous ces espaces réunis dépassent à peine, aujourd’hui, les 30 % d’intentions de vote. Mais, quand on demande leur avis aux Français, on se rend compte d’un consensus dans l’opinion sur beaucoup de mesures proposées par la gauche : taxe Zucman, rétablissement de l’ISF, défense des services publics, conditionnalité des aides aux entreprises, etc. »
Noé Girardot-Champsaur y voit donc « la chance de la gauche, qui a là la possibilité d’élargir son espace. Et une alliance des gauches pourrait s’élaborer sur dix mesures phares qui pourraient changer la vie des gens, sur lesquelles un accord peut être trouvé entre toutes les parties. » Ceci dit sans occulter le cas Mélenchon : « Sa difficulté, et celle de LFI, c’est cette sorte de front républicain inversé qui s’est mis en place, puisqu’il inquiète désormais presque davantage que le RN ».
Une dernière considération qui ne devrait pas rencontrer grande opposition demain à Bram. Lors d’une journée que Christian Assaf, président du groupe PS au conseil régional d’Occitanie, confirme bien comme « le rendez-vous de la gauche hors LFI, oui, même s’il n’est pas interdit de réfléchir sur les positions de LFI. Mais ça reste le rendez-vous d’une gauche centrée sur le réel, dans un territoire que nous connaissons, en province. Nous ne sommes pas hors-sol ».
Informations et inscriptions sur : caroledelga.fr.



