Jeudi 17 septembre, le tribunal d’Alès (Gard) a condamné un homme de 30 ans à quatre mois d’emprisonnement avec sursis probatoire pour avoir violé une interdiction d’entrer en contact avec la mère de son enfant de 8 mois. Le parquet, qui avait requis six mois de prison ferme et un mandat de dépôt, a immédiatement interjeté appel de cette décision.
Un lourd passé judiciaire
Le prévenu, installé à Alès depuis novembre, était jugé en comparution immédiate. Il avait été interpellé le 15 septembre au soir, après une dispute, alors qu’il était sous bracelet électronique. L’interdiction de contact, prononcée par le tribunal d’Évry (Essonne) en mai 2025, faisait suite à une troisième condamnation pour des violences envers la même victime.
Les forces de l’ordre étaient intervenues pour des violences conjugales. Le procureur de la République a abandonné ces poursuites, mais les faits ont été évoqués à l’audience. Le prévenu a nié les violences, affirmant avoir lui-même reçu des coups, tandis que la victime, présente dans la salle, a discrètement lâché le mot « menteur ».
Les réquisitions et la défense
Me Joris Numa, avocat de la partie civile, a souligné la « difficulté (de sa cliente) à sortir de cette relation » et dénoncé « Monsieur qui rejette la faute sur elle ». Le substitut du procureur, Quentin Larroque, a estimé que « cette procédure raconte l’histoire d’un homme qui n’a pas tiré les leçons de ses erreurs », réclamant six mois de prison, la révocation d’un sursis simple de cinq mois et un mandat de dépôt.
Me Camille Monestier, en défense, a plaidé pour « faire la part des choses » et espéré « une peine juste et utile », à savoir « une peine de sursis probatoire avec obligation de soins ». Le prévenu, s’exprimant clairement, a déclaré aux magistrats : « Je suis déjà à terre ; je demande qu’on ne m’enterre pas. »
Une décision contestée
Le tribunal a finalement prononcé quatre mois d’emprisonnement avec sursis probatoire. Le condamné a quitté le box en lançant « au revoir, et merci pour la fenêtre de sortie ». Le parquet, mécontent, a immédiatement fait appel de cette décision, qui devra donc être réexaminée par une juridiction supérieure.



