Le pasteur Élie Brée, héros oublié de la Résistance dans le Gard
Pasteur Élie Brée, un Juste oublié dans le Gard

Figure méconnue de la Résistance protestante, le pasteur Élie Brée, reconnu Juste parmi les Nations, a joué un rôle déterminant en Vaunage durant la Seconde Guerre mondiale. Il a sauvé de nombreuses personnes persécutées, étrangères et juives, au péril de sa vie.

Un jeune pasteur engagé

À seulement 24 ans, Élie Brée devient pasteur à Caveirac en 1940. Formé à la théologie à Strasbourg, il appartient à une génération de jeunes pasteurs protestants particulièrement sensibles aux persécutions et à l'urgence humanitaire en Europe. Dans la Vaunage, territoire protestant marqué par une forte tradition de solidarité, il trouve rapidement des relais locaux. Depuis Caveirac, il exhorte ses paroissiens à venir en aide aux personnes persécutées, à cacher des familles juives et à soutenir les résistants.

Soutien moral et spirituel dans les camps

Dès 1940, il intervient auprès des internés étrangers du centre de séjour surveillé de Langlade, puis du camp de Beaucaire, où il est nommé aumônier. Il y apporte un soutien moral et une aide matérielle, et contribue parfois à des libérations. En 1941, il participe à la rédaction d'un texte majeur de résistance spirituelle protestante face au nazisme. Ce texte affirme le refus de toute compromission avec les régimes totalitaires et appelle à protéger les personnes persécutées.

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Un réseau de sauvetage discret

Depuis Caveirac, Élie Brée met en place un réseau discret de sauvetage. Avec l'aide des pasteurs Robert Joseph, Roland Pollex et Edmond Peloux, il organise le placement de familles juives dans des foyers sûrs de la Vaunage, puis des Cévennes. Des enfants sont cachés durant toute la guerre grâce à de fausses identités obtenues avec des complicités locales, notamment celle d'un notaire de Clarensac.

À partir de 1943, son action s'étend vers les Cévennes, notamment autour de Saint-Jean-du-Gard, où il continue de protéger des familles juives et des résistants jusqu'à la Libération.

Une reconnaissance tardive

Pour son engagement durant la Seconde Guerre mondiale, Yad Vashem lui décerne le titre de Juste parmi les Nations en 1984. Élie Brée s'éteint en avril 2001. Vingt-cinq ans après sa disparition, un constat s'impose : malgré son rôle central dans le sauvetage de nombreuses vies pendant l'Occupation, aucune plaque commémorative n'a encore été installée à Caveirac ni en Vaunage pour honorer sa mémoire. Une reconnaissance existe toutefois à Lasalle, où une plaque rappelle son engagement dans les Cévennes.

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