Deux ans après les violences meurtrières qui ont secoué la Nouvelle-Calédonie au printemps 2024, la justice a prononcé un non-lieu général en faveur des 14 militants indépendantistes de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), dont le leader indépendantiste Christian Tein.
Une décision judiciaire attendue
Selon une ordonnance rendue par les juges d'instruction parisiens et consultée par nos confrères de franceinfo, il ne ressort de l'information judiciaire aucune charge suffisante permettant de poursuivre les mis en cause. Christian Tein, président de la CCAT, avait été transféré en métropole, détenu plusieurs mois, avant de regagner Nouméa en décembre dernier.
La défense salue la décision
Les avocats de Christian Tein, Florian Médico, Pierre Ortet et François Roux, ont salué auprès de Midi Libre le travail des magistrats instructeurs parisiens qui viennent de rendre justice à leur client. Ils estiment que Christian Tein a subi un transfèrement à 17 000 kilomètres dans des conditions indignes, une détention provisoire de près d'un an loin des siens, ainsi que des attaques politiques et des accusations mensongères, avant d'être finalement totalement mis hors de cause.
Pour les avocats, c'est une très grande satisfaction, mais aussi le constat sidérant d'une action initiale qui a eu pour but de museler un homme politique.
Des violences ayant fait 14 morts
L'information judiciaire avait été ouverte à Nouméa pour des faits particulièrement graves, notamment complicité de tentatives de meurtre, association de malfaiteurs et destructions en bande organisée. Début 2025, la Cour de cassation avait décidé de transférer le dossier à Paris en raison du contexte local. Les violences, déclenchées sur fond de contestation de la réforme du corps électoral, avaient fait 14 morts, dont deux gendarmes, plusieurs centaines de blessés et causé plus de 2,2 milliards d'euros de dégâts.
Le parquet de Paris dispose désormais de dix jours pour faire appel de cette décision.



