Jean-Vincent Placé jugé le 29 octobre pour agressions sexuelles
Jean-Vincent Placé jugé le 29 octobre

L'ancien secrétaire d'État chargé de la Réforme de l'État et de la Simplification, Jean-Vincent Placé, comparaîtra devant le tribunal correctionnel de Paris le 29 octobre prochain. Il est poursuivi pour des faits d'agressions sexuelles, selon une information judiciaire confirmée par le parquet de Paris. Cette date marque une étape décisive dans une affaire qui avait éclaté en 2017, lorsque plusieurs femmes avaient dénoncé des comportements inappropriés de la part de l'élu.

Des faits présumés remontant à 2017

Les faits reprochés à Jean-Vincent Placé se seraient produits entre 2010 et 2017, alors qu'il était respectivement sénateur écologiste puis secrétaire d'État sous la présidence de François Hollande. Selon les plaignantes, il aurait profité de son statut pour imposer des gestes à connotation sexuelle, notamment lors de soirées ou de rendez-vous professionnels. L'une des plaintes a été déposée par une ancienne collaboratrice, qui affirme avoir subi des attouchements lors d'un déplacement officiel.

L'enquête, ouverte en 2017 par le parquet de Paris, a été confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP). Après plusieurs années d'investigations, les juges d'instruction ont décidé de renvoyer Jean-Vincent Placé devant le tribunal correctionnel. L'ancien homme politique, âgé de 56 ans, conteste les faits et se dit « serein » quant à l'issue de ce procès. Son avocat, Me Pierre-Olivier Sur, a indiqué que son client « dément formellement toute agression sexuelle » et qu'il « attend avec confiance de pouvoir s'expliquer devant la justice ».

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Une procédure qui a connu des rebondissements

Cette affaire a connu plusieurs rebondissements procéduraux. En 2019, une première demande de non-lieu avait été rejetée par les juges, qui avaient estimé que les charges étaient suffisantes. En 2021, la Cour de cassation avait également rejeté un pourvoi formé par la défense, confirmant ainsi la poursuite de l'instruction. Finalement, en juin 2023, les juges d'instruction ont rendu une ordonnance de mise en accusation, ouvrant la voie à un procès public.

Le procès, qui se tiendra sur une journée, sera présidé par un magistrat du tribunal correctionnel. Les débats devraient se concentrer sur la crédibilité des témoignages et la qualification juridique des faits. Si Jean-Vincent Placé est reconnu coupable, il encourt jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende, conformément à l'article 222-27 du code pénal.

Une affaire qui a marqué la vie politique

Cette affaire a contribué à alimenter le débat sur les violences sexuelles en politique, dans la lignée du mouvement #MeToo. Plusieurs personnalités politiques ont été éclaboussées par des accusations similaires, et Jean-Vincent Placé est l'un des premiers à être jugé. En 2017, il avait été contraint de démissionner du gouvernement, après la révélation de ces accusations, mettant fin à une carrière politique prometteuse.

Jean-Vincent Placé, figure du parti écologiste, avait été élu sénateur en 2011, puis nommé secrétaire d'État en 2016. Il était également connu pour son franc-parler et ses positions tranchées. Depuis sa démission, il s'est retiré de la vie politique et travaille dans le secteur privé.

Le parquet de Paris, contacté par l'AFP, a confirmé la date du procès, sans faire de commentaire supplémentaire. Les associations féministes, comme Osez le féminisme, ont salué la tenue de ce procès, y voyant « un signal fort envoyé aux victimes ».

Le tribunal devra déterminer si les éléments rassemblés par l'enquête sont suffisants pour établir la culpabilité de l'ancien secrétaire d'État. En attendant, Jean-Vincent Placé reste présumé innocent, et la justice devra trancher en toute impartialité.

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