Un témoignage accablant sur une interpellation violente à Noisiel
Des coups qui pleuvent, une grenade lacrymogène qui explose à quelques centimètres du visage, des humiliations répétées. Un peu plus d'une semaine après sa violente interpellation par la police à Noisiel en Seine-et-Marne, Flavel, âgé de 35 ans, détaille avec précision les événements de cette soirée traumatisante. Son œil gauche reste encore tuméfié, marque visible des violences subies.
Le contexte troublé d'une soirée à Noisiel
Lundi 16 mars, vers 22h30, Flavel quitte la salle de sport où il travaille pour se rendre dans le centre-ville. Son objectif est simple : manger dans l'un des deux seuls restaurants encore ouverts à cette heure tardive. « À ce moment-là, j'entends le bruit de pétards, je sors et je vois les feux d'artifice », raconte-t-il, évoquant des événements au niveau du commissariat de la police municipale. Préoccupé, il prend des photos qu'il envoie immédiatement à un ami, craignant que le magasin de ce dernier ne soit menacé par d'éventuelles flammes.
En réalité, ces feux d'artifice sont des tirs de mortiers lancés en direction du commissariat de Noisiel. Selon les informations du procureur de Meaux, une trentaine de personnes s'étaient regroupées et menaçaient les fonctionnaires de police retranchés à l'intérieur du bâtiment. Cette agitation faisait suite à des interpellations intervenues plus tôt dans la soirée, créant un climat de tension palpable.
Une vidéo qui circule largement sur les réseaux sociaux
Une vidéo, prise depuis l'étage d'un immeuble voisin et largement diffusée sur les réseaux sociaux, montre plusieurs policiers de la Brigade anticriminalité (BAC) arrivant en renfort sur les lieux. On les entend distinctement crier aux quelques passants : « Vous voulez jouer ? On va vous enculer ! Vous êtes tous liés ». Les forces de l'ordre avancent dans la rue, équipées de flash-ball, de matraques et de grenades, dans une scène de confrontation inquiétante.
Alors que Flavel s'apprête à entrer à nouveau dans le restaurant pour se mettre à l'abri, un policier lui lance brutalement : « Cours ! », avant de lui asséner un coup violent. Le jeune Noisielien tente de s'éloigner, mais frappé une nouvelle fois, il chute lourdement au sol. Immédiatement, ses bras sont plaqués dans le dos avec force, et il reçoit plusieurs coups de pied. Le pire est encore à venir : une grenade lacrymogène explose à quelques centimètres seulement de son visage, dans un déchaînement de violence inouï.
« Je ne pouvais plus respirer » : le récit d'une agonie
« J'ai vu les étincelles, je ne pouvais plus respirer », se souvient avec émotion le père de famille, encore marqué par cette expérience traumatisante. « J'ai vu ma vie défiler […] S'il n'y avait pas eu de caméras, je me demande comment ça se serait passé », confie-t-il, soulignant l'importance cruciale des preuves vidéo dans cette affaire. Flavel a immédiatement porté plainte auprès de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), déterminé à obtenir justice.
Conduit aux urgences pendant sa garde à vue, il a d'abord reçu un arrêt de travail de cinq jours, prolongé depuis de trois semaines supplémentaires en raison de la gravité de ses blessures. Le parquet de Meaux a ouvert une enquête confiée à l'IGPN, mais selon son avocat, Pierre Brunisso, les deux fonctionnaires concernés n'ont toujours pas été entendus par la police des polices. « C'est une bavure policière », dénonce-t-il avec fermeté, exigeant des comptes rapides et transparents.
La colère d'un homme sans antécédent avec les forces de l'ordre
En plus de la souffrance physique due à ses blessures, Flavel, qui n'a jamais eu de problème avec les forces de l'ordre auparavant, exprime une profonde colère. « Ils ne sont pas tous pareils mais ceux qui ont fait ça ne devraient pas être policiers », conclut-il, en espérant ardemment les affronter un jour devant un tribunal pour que la vérité éclate au grand jour. Il précise que Flavel est son nom d'artiste. Il y a un peu plus de 10 ans, il formait avec un ami le duo Flavel & Neto, qui s'était fait connaître grâce à plusieurs tubes d'inspiration latino, ajoutant une dimension personnelle à ce drame.



