Les conditions de course dantesques, ces vendredi et samedi, rehaussent l'exploit de l'Ariégeois Théo Soriano et de la locale Carole Duhart, vainqueurs de l'ultra trail de 130 kilomètres. L'Euskal Trail peut s'approprier le label de course extrême. Pas seulement par le format des 130 km de l'ultra trail mais par les températures extrêmes que les coureurs affrontent. L'an dernier, le mercure était monté au-dessus de la barre des 30 degrés provoquant une cascade d'abandons et cette année, c'est l'inverse, les coureurs grelottaient de froid avec une température autour de zéro degré sur les sommets. Avec en prime, une surprise inattendue : la neige tombée dans la nuit de jeudi à vendredi, avec près de 10 cm sur les sommets empruntés par l'ultra trail. Et pour compliquer un peu plus la progression des coureurs, sur les parties moins élevées, il y a eu du vent et des trombes d'eau dans la matinée de vendredi.
Un parcours modifié en raison de la neige
« Les conditions étaient dantesques avec de la neige, de la grêle, du vent et du froid. J'étais mouillé toute la journée, cela glissait, j'ai chuté à quatre reprises », reconnaissait à l'arrivée le vainqueur de l'ultra trail, l'Ariégeois Théo Soriano. Après 130 km et 16 heures d'efforts dans la tourmente, Théo Soriano a la force de sauter sur la ligne d'arrivée. Les plus touchés par les conditions atmosphériques restent les participants de l'ultra trail, en particulier les derniers qui ont passé plus de 30 heures à crapahuter dans la montagne. Les premiers ont dû aussi composer avec un parcours modifié. « Avec 10 cm de neige sur les sommets, les coureurs sont restés en dessous des 1 000 m d'altitude. On a supprimé les deux sommets de 1 400 m où il y avait beaucoup de neige », précisait Philippe Trounday, le directeur de course. Au final 5 à 6 kilomètres ont été amputés, soit 600 m de moins de dénivelé, ce qui explique le chrono du vainqueur : 16 h 16 min pour Théo Soriano, auteur d'une course solitaire.
Des émotions fortes pour le vainqueur
« J'habite au pied des montagnes en Ariège mais jamais je n'aurais pensé trouver, ici au Pays basque, de telles conditions. J'étais venu découvrir les trails basques en gagnant l'ultra de Saint-Pée. Certes, il y avait de la boue mais pas ce froid qui m'a mis dans le dur. C'était vraiment de fortes émotions avec quelques larmes ». Théo Soriano laisse à plus de 50 minutes son premier poursuivant, le Palois Renaud Doby. L'ancien champion de kayak devance de peu le Landais Maxime Hourdebaigt. Le Bidartar Maxime Castillon termine 9e. La première féminine Carole Duhart boucle les 130 km en 24 heures et 7 minutes. La championne de Saint-Pée a fait le tour du cadran !
Les autres courses et les performances locales
Les spécialistes des pentes se sont régalés. Les coureurs pyrénéens du club des Esclops d'Azun raflent l'Euskal endurance (65 km), avec le duo Robin Thomas et Edgar Dumas. Les montagnards palois Jérôme Belenguier et Florian Tircazes sont les vainqueurs de l'Euskal trail (deux fois 41 km), tout comme l'ancien champion cycliste Rémy Aim, associé à Pierre Carlet, l'emporte sur le trail gourmand (2 fois 25 km). Chez les locaux, on retiendra la victoire du tandem biarrot Mael Guérin et Ximun Curutchet sur la course nocturne (27 km). Les féminines ont aussi brillé avec les Bayonnaises Saint-Laurent et Gassie, vainqueures de la nocturne, le duo bayonnais Martin-Paraire au classement féminin de l'Euskal trail, sans oublier Elodie Bidondo et Maider Daguerre qui ont fait briller le club organisateur (Euskal raid) sur le 65 km.



