Le Rassemblement national a réclamé dimanche une diplomatie de la « fermeté » et non de la « courbette » vis-à-vis de l'Algérie, où doit se rendre lundi le ministre de la Justice Gérald Darmanin, après plusieurs autres visites ministérielles visant un rapprochement entre les deux pays.
Des propos fermes du RN
« Rien n'a été fait. Arrêtons la diplomatie de la courbette, essayons la diplomatie de la fermeté », a affirmé le député et porte-parole du RN Laurent Jacobelli dans l'émission Questions politiques de France Inter, FranceInfo et « Le Monde ».
« Ça fait des années que le président de la République fait de l'aplaventrisme, met un genou à terre, que nos ministres vont battre leur coulpe à Alger. Qu'est ce qui se passe ? Eh bien, à chaque fois, le président (algérien) Tebboune a des propos encore plus durs pour la France », a-t-il déploré.
« Si nos ministres se rencontrent et qu'à la fin, l'Algérie dit "OK, on arrête d'insulter la France matin, midi et soir", si l'Algérie dit "Nous acceptons de reprendre tous les criminels et délinquants algériens qui sont sur le territoire français", alors on avancera », a-t-il développé. « Mais si la contrepartie d'avancer algérienne, c'est de dire que la France doit s'autoproclamer coupable de toute son histoire, alors c'est non ».
« S'il faut accepter le chantage, s'il faut accepter le kidnapping d'intellectuels ou de journalistes français dans les geôles algériennes, tout cela ne va pas aller bien loin », a-t-il ajouté.
Des résultats concrets exigés
Son collègue et vice-président du RN Sébastien Chenu a réclamé, dans l'émission Le Grand Rendez-vous d'Europe 1, CNews, Les Echos, des « résultats concrets », à commencer par la libération du journaliste français emprisonné en Algérie Christophe Gleizes, mais aussi la reprise par Alger de ses ressortissants « délinquants » qui ont été « sanctionnés » en France.
Le député Renaissance Pierre Cazeneuve a, à l'inverse, accusé ceux qui proposent une « rupture totale » de se faire « plaisir comme ça quelques minutes, au prix d'une impuissance sur le long terme ».
La visite de Darmanin à Alger
Le maire socialiste de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) Karim Bouamrane s'est dit « rassuré » par la « nouvelle méthode » du gouvernement français à l'égard d'Alger, estimant que l'ex-ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau, partisan de la fermeté, avait « blessé la communauté algérienne ».
Gérald Darmanin se rend lundi à Alger pour une visite express visant à « rétablir les relations judiciaires » entre la France et l'Algérie, et évoquer la situation de Christophe Gleizes, après une amorce de détente impulsée par le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, puis la récente visite de la ministre française déléguée aux Armées, Alice Rufo.



