Un harcèlement carcéral sans limite
Depuis son incarcération, Toufik, l'ex-compagnon de Yamina (prénom modifié), n'a cessé de la harceler et de la menacer de mort. Ce vendredi 15 mai, il a comparu devant le tribunal correctionnel de Nîmes pour répondre de ces faits. Entre mai 2024 et son jugement, il a passé pas moins de 1 749 appels téléphoniques à sa victime, lui adressant des messages terrifiants : « Je vais te déchirer. Tu vas y passer avant ma sortie de prison… T’es morte. J’arrive bientôt. »
Une vie de calvaire pour la victime
Yamina, mère de trois enfants, vit un enfer depuis 2024. Malgré une précédente condamnation de Toufik à trois ans de prison (dont la moitié avec sursis) pour harcèlement, celui-ci a continué ses agissements depuis sa cellule. La voiture de Yamina a été incendiée. Elle a déménagé à plusieurs reprises pour tenter d'échapper à son ex-compagnon, mais en vain : il parvenait à obtenir sa nouvelle adresse et mandatait des intermédiaires pour lui transmettre des messages. Dounia, la nouvelle compagne de Toufik, a été utilisée comme intermédiaire. Elle a notamment demandé des nouvelles de la fille de Yamina et Toufik à l'école, et a agressé verbalement Yamina sur le parking d'un magasin à Nîmes, nécessitant l'intervention d'un vigile.
Les excuses du prévenu
Toufik, qui compte 18 mentions à son casier judiciaire dont une condamnation à six ans de prison pour viol, a nié toute implication dans les violences extérieures : « En aucun cas, je lui ai envoyé des gens. Jamais de la vie, j’ai demandé à l’agresser. Et les menaces, c’est sur le coup de la colère. » Interrogé par le président du tribunal sur le fait qu'il continue d'appeler son ex-compagne malgré son incarcération et qu'il lui dit « soit c’est moi, soit c’est la mort », il a répondu : « C’est les nerfs. »
Le témoignage poignant de la victime
Assistée de son avocate Me Laura Fabre, Yamina a témoigné : « Je suis une maman de trois enfants et je vis un calvaire au quotidien. Et c’est aussi le cas pour mes enfants. Malgré sa détention, il continue à me menacer de mort. Et cela a été encore le cas au mois d’août dernier. Nous avons déménagé plusieurs fois, il m’a retrouvée et donne mes nouvelles adresses à des personnes qui sont à l’extérieur. » Son avocate a ajouté : « Depuis qu’elle a mis fin à cette relation en 2015, cette femme subit et vit un véritable enfer. Il y a encore, moins d’un mois, elle a été menacée. Elle est terrifiée et dans l’incapacité de refaire sa vie. Elle a tout essayé, l’ordonnance de protection en juin 2023. Cela n’a pas arrêté le prévenu. Et il menace de lui enlever son enfant. »
La réaction du parquet et le verdict
La procureure Zinev Boukir a requis sept ans de prison contre Toufik, soulignant : « Rien ne l’arrête. Même pas la prison d’où il passe ses communications. » Concernant Dounia, la magistrate a estimé qu'elle « a été complètement instrumentalisée et est le bras armé » de Toufik, requérant deux ans de prison dont un an avec sursis. Le tribunal a finalement condamné Toufik à six ans de prison, avec une peine incompressible aux deux tiers, et a prononcé le retrait total de son autorité parentale. Dounia a été condamnée à un an de prison avec sursis et interdiction de contacter la victime.



