L'ancien pilote de chasse de l'armée française, Ate Chuet, connu pour sa chaîne YouTube sur l'aviation, a été mis en examen le 24 juillet 2025 pour « intelligence avec une puissance étrangère », en l'occurrence la Chine. Cette affaire, révélée par une source proche du dossier, a suscité une vive émotion dans les milieux militaires et de la défense.
Un profil atypique
Ate Chuet, 34 ans, a servi pendant près de dix ans dans l'armée de l'air française, pilotant des avions de chasse Rafale et Mirage 2000. Après avoir quitté l'armée en 2022, il s'est reconverti en vidéaste sur YouTube, où il compte plus de 200 000 abonnés. Ses vidéos, souvent techniques, portent sur l'aviation militaire et les simulateurs de vol.
Des accusations graves
Selon le parquet de Paris, les faits reprochés remontent à 2023 et 2024. Chuet est soupçonné d'avoir partagé des informations sensibles sur les capacités opérationnelles de l'armée française avec des agents chinois. Des échanges cryptés auraient été découverts lors d'une enquête de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).
Son avocat, Me Jean-Pierre Dubois, a contesté ces accusations : « Mon client nie fermement toute intention de nuire à la France. Il pense être victime d'un malentendu ou d'une manipulation. »
Une enquête approfondie
La DGSI a ouvert une enquête préliminaire en mars 2024 après un signalement de l'armée de l'air concernant des « comportements suspects » de Chuet lors de séances de simulation. Les enquêteurs ont saisi son matériel informatique et analysé ses communications. Au total, plus de 15 000 messages ont été examinés, dont certains avec des interlocuteurs basés en Chine.
Les charges retenues incluent la divulgation d'informations classifiées, notamment sur les systèmes d'armes du Rafale, et des contacts répétés avec des officiers de renseignement chinois sous couvert de collaborations académiques.
Réactions et conséquences
L'affaire a provoqué une onde de choc dans la communauté des anciens militaires. Plusieurs camarades de Chuet ont exprimé leur surprise, le décrivant comme « un passionné, pas un traître ». Le ministère des Armées a indiqué suivre l'affaire « avec la plus grande attention », rappelant que la protection des secrets militaires est une priorité.
Si Chuet est reconnu coupable, il encourt jusqu'à 15 ans de prison et une amende de 225 000 euros. Il reste présumé innocent. Son procès pourrait s'ouvrir dans les mois à venir, selon les sources judiciaires.



