Près de huit ans après la catastrophe du pont Morandi à Gênes, qui a fait 43 morts le 14 août 2018, l'ex-directeur général de la société d'autoroutes Autostrade, Giovanni Castellucci, a été condamné jeudi à 12 ans de prison par le tribunal de Gênes. Déjà incarcéré pour un autre accident meurtrier survenu en 2013 sur un viaduc dans le sud de l'Italie, Castellucci a été reconnu coupable de négligence et d'homicide involontaire à l'issue d'un procès ouvert en 2022.
Un effondrement aux causes connues
Le 14 août 2018, à 11h36 locales (09h36 GMT), sous une pluie battante, l'immense pont Morandi, situé sur l'autoroute reliant l'Italie à la France, s'est effondré, précipitant dans le vide des dizaines de véhicules. Les enquêteurs ont souligné que « entre l'inauguration du pont en 1967 et l'effondrement, 51 ans plus tard, il n'a pas été procédé aux interventions de maintenance minimales pour renforcer les câbles du pilier numéro 9 », qui s'est affaissé le jour du drame. La fragilité des câbles était connue : des travaux avaient été réalisés sur les piliers 10 et 11, et des travaux étaient prévus sur le pilier 9.
Des déclarations contrastées
Giovanni Castellucci a déclaré aux juges : « Je me sens responsable mais pas coupable », malgré le constat accablant des magistrats. Cette tragédie a mis en lumière le piètre état des infrastructures de transport en Italie et le rôle trouble d'Autostrade, accusée d'avoir négligé l'entretien de l'ouvrage pour réaliser des économies.
Un procès très attendu
Le verdict est intervenu après un procès qui a captivé l'Italie, huit ans après une catastrophe dont les images ont fait le tour du monde. La condamnation de Castellucci s'ajoute à sa peine déjà en cours pour un accident similaire survenu en 2013.



