Le rappeur Flavel porte plainte contre la BAC après une violente interpellation à Noisiel
Le rappeur Flavel, membre du groupe Flavel & Neto connu pour ses tubes aux rythmes latinos, a été sérieusement blessé lors d'une intervention de la Brigade Anti-Criminalité (BAC) lundi soir à Noisiel, en Seine-et-Marne. Cet incident est survenu après une attaque visant les locaux de la police municipale de la ville. Flavel a été entendu pendant plus de cinq heures dans les locaux de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), où il a déposé une plainte officielle.
Une plainte détaillée pour violences policières
Dans sa plainte, le rappeur accuse les forces de l'ordre de violences volontaires par personne dépositaire de l'ordre public en réunion avec arme, de dénonciation calomnieuse et d'agression sexuelle. Flavel explique qu'il s'apprêtait à dîner dans un snack lorsqu'il a aperçu des feux d'artifice dirigés vers le commissariat municipal. Curieux, il serait sorti pour observer la scène.
« Ils sont venus sur moi, je suis tombé par terre. Et je me suis pris des coups […] je pense qu'il m'a frappé avec un objet », a déclaré Flavel à l'agent de l'IGPN qui l'interrogeait. Il ajoute : « Après je sens quelque chose qui explose près de mon visage du côté droit […] j'ai ressenti des brûlures au niveau du visage, des yeux ».
Une scène filmée et largement diffusée sur les réseaux sociaux
La scène de l'interpellation a été filmée depuis un immeuble voisin et a rapidement circulé sur les réseaux sociaux. On y entend distinctement un des deux policiers crier : « Couche-toi, enculé ! » avant qu'une grenade lacrymogène ne se déclenche au niveau du visage de l'homme à terre. Cette vidéo a suscité une vive émotion et de nombreuses réactions en ligne.
Une enquête ouverte par le parquet de Meaux
Le procureur de Meaux, Jean-Baptiste Bladier, a immédiatement ouvert une enquête confiée à l'IGPN. Il a justifié cette décision par « des conditions de nature à interroger sur sa légitimité, dans son principe, comme dans ses modalités ». Flavel a également déposé plainte directement au parquet de Meaux.
Son avocat, Pierre Brunisso, a fermement défendu son client : « À aucun moment, une infraction ne peut être reprochée à mon client. Les policiers ayant commis les violences et ayant délibérément menti doivent être immédiatement suspendus ».
Contexte : une attaque de la police municipale et des interpellations pour trafic de drogue
Cette intervention de la BAC s'inscrit dans un contexte tendu. La police nationale avait été appelée en renfort après qu'une trentaine de personnes ont attaqué les locaux de la police municipale de Noisiel à coups de mortiers d'artifice. Certains assaillants ont tenté de pénétrer dans le bâtiment après avoir endommagé le portail, « afin, vraisemblablement, d'y mettre le feu », selon les informations du parquet.
Cette attaque faisait elle-même suite à l'interpellation de trois hommes âgés de 18 à 23 ans dans le cadre d'une affaire de trafic de stupéfiants. Les événements se sont donc enchaînés rapidement, créant une situation explosive dans cette commune de Seine-et-Marne.
L'affaire continue de faire des vagues, avec des questions sur les méthodes d'intervention de la police et les droits des citoyens. L'enquête de l'IGPN et les procédures judiciaires en cours détermineront les responsabilités de chacun dans cette nuit agitée à Noisiel.



