Dans un entretien au Monde, la féministe et autrice Elsa Deck Marsault dénonce l’idéalisme carcéral qui entoure la lutte contre les violences sexuelles. Selon elle, la prison ne résout rien et perpétue un système de domination.
Une critique radicale du système pénal
Elsa Deck Marsault, militante et co-autrice de Féminisme et survie, estime que la demande de punition carcérale est une impasse. Elle rappelle que les prisons sont des institutions violentes, racistes et classistes, qui ne répondent pas aux besoins des victimes.
Pour elle, la justice pénale reproduit les schémas de domination qu’elle prétend combattre. Au lieu de réparer, elle isole et stigmatise. La militante plaide pour des mécanismes de justice transformative, centrés sur la responsabilisation et la réparation.
Des alternatives concrètes
- Cercles de responsabilisation et de soutien
- Médiation entre victimes et agresseurs consentants
- Accompagnement psychologique et social
Ces dispositifs, déjà expérimentés dans certains pays, permettent de briser le cycle de la violence sans recourir à l’enfermement. Elsa Deck Marsault insiste sur la nécessité de sortir d’une logique purement répressive.
Elle critique également la récupération médiatique des affaires de violences sexuelles, qui occulte les solutions de fond. Selon elle, le débat public doit évoluer vers une approche plus nuancée et constructive.
Cet appel à dépasser l’idéalisme carcéral résonne dans un contexte où les prisons françaises sont surpeuplées et les taux de récidive élevés. La militante invite à repenser la justice en profondeur.



