La justice américaine sous pression après des révélations sur le dossier Epstein
Après les révélations fracassantes de médias américains, le ministère américain de la Justice a réagi face à la possibilité que des documents impliquant l'ancien président Donald Trump aient été intentionnellement cachés des dossiers publics relatifs à l'affaire Epstein. Le département de la Justice s'est engagé, mercredi 25 février, à réexaminer minutieusement les archives du dossier Epstein, suite aux accusations selon lesquelles l'administration aurait dissimulé plusieurs documents mentionnant explicitement Donald Trump, notamment des allégations graves d'agression sexuelle sur mineure.
Des documents manquants dans la base de données publique
La radio publique NPR avait révélé, mardi, que le ministère de la Justice, dirigé par une proche du président républicain, avait empêché la publication de documents liés à des accusations spécifiques contre Donald Trump. Selon ces informations, plusieurs documents évoquant des accusations contre Jeffrey Epstein et mentionnant l'ancien président auraient été retirés de la base de données publique concernant le criminel sexuel, décédé en prison en 2019 avant son procès.
Dans un communiqué officiel publié mercredi soir, le ministère de la Justice a reconnu que, selon certains médias, des fichiers relatifs à la complice d'Epstein, Ghislaine Maxwell, semblaient manquer dans la base de données publique. « Comme pour tous les documents qui ont été signalés, le ministère passe actuellement en revue les fichiers appartenant à cette catégorie », a-t-il précisé sur la plateforme X.
Le ministère se défend face aux accusations
Le département de la Justice a assuré que « si un document s'avère avoir été mal classé lors du processus d'examen et qu'il répond aux critères de la loi, le ministère le publiera bien sûr ». Cette déclaration fait référence à la loi adoptée l'année dernière, qui ordonne au gouvernement de divulguer l'intégralité de ses dossiers sur Epstein.
Plus tôt dans la journée, le ministère avait fermement soutenu sur X que « RIEN n'avait été supprimé ». Il avait expliqué que seuls des documents doublons, soumis à une interdiction légale de publication, ou faisant partie d'une enquête fédérale en cours, n'avaient pas été rendus publics.
Une opération de dissimulation dénoncée par les démocrates
Dans le sillage des révélations de NPR, le New York Times a rapporté, mercredi, que parmi les documents non publiés figuraient des notes détaillées du FBI résumant des interrogatoires menés en lien avec des accusations formulées par une femme en 2019. Cette dernière s'était présentée après l'arrestation du financier new-yorkais et avait affirmé avoir été agressée sexuellement, quelques décennies plus tôt lorsqu'elle était mineure, par Jeffrey Epstein et Donald Trump.
Le quotidien new-yorkais affirme que, sur les quatre interrogatoires effectués, un seul résumé - évoquant uniquement les accusations contre Jeffrey Epstein - a été rendu public. Les élus démocrates de la puissante commission de supervision de la Chambre des représentants ont déclaré avoir enquêté ces dernières semaines sur le travail du FBI concernant ces accusations de 2019.
Ils affirment « pouvoir confirmer que le ministère de la Justice semble avoir illégalement retenu des interrogatoires du FBI » avec la victime présumée. « Étouffer des preuves directes d'une agression potentielle par le président des États-Unis est le crime le plus grave possible dans cette opération de dissimulation de la Maison-Blanche », ont-ils accusé mercredi sur X. « C'est la plus grande opération de dissimulation du gouvernement dans l'histoire moderne. Nous exigeons des réponses ».
Une réponse vigoureuse du ministère de la Justice
En réponse à ces accusations, le département de la Justice a exhorté les élus démocrates à « cesser de tromper le grand public en fabriquant de l'indignation de la part de leur base radicale anti-Trump ». Le ministère a rappelé avoir publié, le 30 janvier, « plus de trois millions de pages » partiellement caviardées du dossier Epstein, affirmant ainsi que l'administration Trump s'était acquittée de son obligation légale de faire toute la lumière sur ce dossier politiquement explosif.
Cependant, plusieurs victimes de Jeffrey Epstein s'indignent que de nombreux documents aient été caviardés, et qu'aucune suite judiciaire n'ait été donnée contre les complices présumés du financier. Donald Trump, qui fut un temps proche de Jeffrey Epstein et évoluait dans les mêmes cercles sociaux, a toujours nié avoir eu connaissance de son comportement criminel. Il assure avoir rompu toute relation avec lui bien avant ses ennuis judiciaires.



