Chasseur condamné pour avoir blessé un riverain à Villeneuve-lès-Maguelone
Chasseur condamné pour blessure par plomb près de Montpellier

Un chasseur de 35 ans a été condamné ce lundi 1er juin par le tribunal judiciaire de Montpellier pour avoir blessé un habitant de Villeneuve-lès-Maguelone lors d'une altercation survenue en novembre 2025. Les faits, qui se sont déroulés près du domicile de la victime, illustrent une nouvelle fois les tensions récurrentes entre chasseurs et riverains dans cette zone où la chasse est pourtant autorisée.

Les faits : une altercation aux conséquences graves

Le 23 novembre 2025, un père de famille entend des coups de feu à proximité de sa propriété et décide d'aller à la rencontre du chasseur. Par précaution, il emporte une bombe lacrymogène. L'échange verbal dégénère rapidement. Le chasseur lui lance : « Ça fait vingt ans qu’on chasse ici, vous n’êtes pas le roi des Salins ». Le riverain, le trouvant nerveux avec son fusil, fait usage du gaz irritant sans atteindre sa cible. C'est alors que le chasseur tire plusieurs coups de feu en direction du sol, mais la victime est touchée au torse, à la main et au poignet par des plombs.

Opéré pour retirer les projectiles, l'homme a subi 21 jours d'incapacité totale de travail. Le prévenu, qui nie avoir visé délibérément, était poursuivi pour violence aggravée et menace réitérée de dégradation. Quelques jours avant les faits, il avait menacé la compagne de la victime de venir avec un bulldozer dans son centre équestre, en raison de retombées de plomb sur la propriété.

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Des versions divergentes devant le tribunal

À l'audience, la présidente Ilana Lachkar a interrogé le prévenu sur son manque de sang-froid : « Est-ce qu’il ne faut pas un minimum de sang-froid quand on est chasseur ? » Elle a également relevé le caractère provocant de ses propos. Le chasseur a expliqué les difficultés croissantes avec les riverains : « Ça fait une dizaine d’années que ça devient de plus en plus dur ».

Son avocat, Me Ivan Martin-Gros, a tenté de mettre en cause la responsabilité de la victime, affirmant que c'est elle qui avait aspergé le chasseur de gaz lacrymogène en premier. Il a aussi évoqué le passé judiciaire du plaignant, provoquant l'indignation de l'avocate de la partie civile : « On essaye de déplacer le problème sur le casier judiciaire de la victime. »

La légitime défense rejetée

La procureure Olivia Perrot a estimé que « la riposte du prévenu est non proportionnée », même si la victime a utilisé la bombe lacrymogène en premier. La défense plaidait la légitime défense, arguant que « son seul objectif était de stopper monsieur, pas de le blesser ». Mais le tribunal n'a pas suivi cet argument.

La peine prononcée

À l'issue du délibéré, le chasseur a été condamné à 18 mois de prison avec sursis, avec interdiction d'entrer en contact avec les victimes et de paraître dans le secteur des faits pendant trois ans. Son permis de chasse lui a été retiré, avec interdiction de le solliciter pendant trois ans. Les armes non déclarées saisies à son domicile ont été confisquées. Il devra également verser une provision de 4 000 € à la victime pour ses dommages et intérêts, et 800 € à sa compagne au titre du préjudice moral.

Cette affaire met en lumière les difficultés de cohabitation entre les chasseurs et les riverains, dans un contexte où la pression foncière et les activités de loisirs s'intensifient autour des zones naturelles.

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