Découverte d'un impressionnant arsenal de guerre en Corse-du-Sud
La justice française est confrontée à une affaire complexe suite à la découverte d'un impressionnant arsenal de guerre dans une cave à Propriano, en Corse-du-Sud. Les faits remontent à vendredi dernier, mais c'est seulement tard lundi soir que le propriétaire des lieux, un septuagénaire, a été officiellement mis en examen par un juge d'instruction marseillais.
Des charges graves pour le propriétaire
Le septuagénaire fait face à des accusations particulièrement sérieuses : dépôts d'armes, dépôts d'explosifs, détention d'armes de guerre et association de malfaiteurs en vue de commettre un crime. Malgré la gravité des charges, il a bénéficié d'un placement sous contrôle judiciaire plutôt qu'une détention provisoire, avec des obligations strictes imposées par la justice.
La défense de l'homme, assurée par Mes Pierre-Dominique Cervetti, Charlotte Cesari et Erick Campana, s'est dite « félicitée » par cette décision. Selon ses avocats, le juge des libertés et de la détention aurait « compris que notre client était étranger à ces faits et qu'il n'avait même pas connaissance de cette cache ».
L'ampleur de la découverte
L'arsenal découvert est d'une ampleur exceptionnelle, nécessitant l'intervention des démineurs et la sécurisation du quartier entier. Le procureur d'Ajaccio, Nicolas Septe, a détaillé le contenu de cette cache :
- 18 kilogrammes d'explosifs civils et militaires
- 67 détonateurs
- Une quarantaine de grenades
- Des milliers de mètres de mèches
- 20 armes à feu dont :
- Onze armes d'épaule
- Deux fusils de guerre
- Quatre armes de poing
- Un pistolet-mitrailleur
- Deux fusils à pompe
Face à cette découverte d'une telle envergure, la juridiction interrégionale spécialisée de Marseille s'est immédiatement saisie de l'enquête, témoignant de la gravité exceptionnelle de cette affaire.
Le fils revendique l'usage de l'arsenal
La situation se complique avec la revendication d'usage par le fils du propriétaire, Appien Coti. Ce dernier a déclaré, lors d'une audience devant le tribunal correctionnel de Marseille ce même lundi, que cette cache d'armes faisait partie du dossier en cours d'examen.
Appien Coti est actuellement jugé, avec 21 autres personnes, pour un vaste trafic d'armes entre la Corse, la Suisse et la Sardaigne depuis le 30 janvier. Ses avocats ont immédiatement sollicité un supplément d'information et demandé le renvoi du procès, arguant du lien entre les deux affaires.
Opposition du ministère public et poursuite du procès
Le ministère public s'est farouchement opposé à ces demandes, estimant que les deux dossiers ne sont pas liés. Malgré cette opposition, le tribunal a décidé de trancher cette question plus tard en joignant l'incident au fond, permettant ainsi la poursuite du procès.
Le procureur a donc pu entamer ses réquisitions comme prévu, demandant des peines allant d'un an ferme à dix ans de prison pour les accusés du trafic d'armes. Cette décision maintient la pression judiciaire sur l'ensemble des protagonistes de cette affaire complexe.
Cette affaire met en lumière les défis auxquels fait face la justice française lorsqu'elle doit traiter des dossiers impliquant des réseaux criminels organisés et des arsenaux d'une telle envergure. La séparation apparente entre la propriété des armes et leur utilisation réelle crée une complexité supplémentaire qui devra être élucidée par les magistrats instructeurs.



