Lamine Yamal Ballon d'Or ? Le débat est lancé après le Mondial
Lamine Yamal Ballon d'Or ? Le débat est lancé

À seulement 19 ans, Lamine Yamal s'impose comme l'un des hommes forts de cette Coupe du monde 2026. Élu meilleur joueur du match contre la Belgique en quart de finale, décisif en demi-finale contre la France, le Barcelonais pourrait-il décrocher le Ballon d'Or en octobre si l'Espagne est sacrée championne du monde ce dimanche ? C'est la question du jour posée par nos confrères de Nice-Matin, qui mettent en scène un débat entre deux de leurs journalistes sportifs.

Pour Romain Laronche : oui, Yamal a sa chance

Selon Romain Laronche, la star montante du football espagnol a toutes ses chances. Il reconnaît que des joueurs comme Messi, Mbappé, Haaland, Bellingham ou Kane enchaînent les buts depuis le début du Mondial, tandis que Yamal n'en compte qu'un seul, face à l'Arabie saoudite. Mais peu importe : si l'Espagne devient championne du monde, le joueur du Barça sera l'un des favoris pour le Ballon d'Or.

« Parce que le football est un business qui ne laisse pas de place aux travailleurs de l'ombre », argue Laronche. Il souligne que d'autres joueurs espagnols comme Oyarzabal (5 buts dans le Mondial), Olmo (décisif à chaque match), Simon (qui joue comme un libéro) ou Fabian Ruiz (possible doublé Ligue des champions-champion du monde) pourraient aussi prétendre au titre, mais que c'est Yamal qui capte l'attention.

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Laronche rappelle que l'Espagne a tout gagné entre 2008 et 2012 (deux Euros et une Coupe du monde) sans qu'aucun de ses joueurs ne remporte le Ballon d'Or. Xavi et Iniesta, pourtant géniaux, n'ont jamais eu l'aura d'un Messi ou d'un Ronaldo. « Le Ballon d'Or ne récompense pas le meilleur joueur du monde, mais celui qui dépasse le cadre du jeu », explique-t-il. « L'image générale du joueur » fait partie des critères de sélection, et à ce jeu-là, Yamal n'a pas de rival dans son pays.

Pour Vivien Seiller : non, pas assez brillant

De son côté, Vivien Seiller est catégorique : non, Yamal n'est pas encore prêt. « On l'aime bien, le gamin. Et il est fort probable que ses qualités lui rapportent une palanquée de titres et récompenses individuelles lors des dix prochaines années. Mais pour l'heure, il nous semble un poil disproportionné de l'imaginer doré le 26 octobre », écrit-il.

Seiller avance plusieurs arguments. D'abord, Yamal a manqué le dernier mois de compétition avec le Barça en Liga en raison d'une blessure, y compris le Classico qui a sacré le Barça face au Real Madrid (2-0 le 10 mai). Ensuite, le club catalan a été éjecté de la Ligue des champions dès les quarts de finale, sans éclat ni panache, face à l'Atlético Madrid (défaite 2-0, victoire 2-1). Enfin, son Mondial est jugé décevant, trop loin de son talent et de ce qu'il est censé montrer sur son aile.

« Loin de nous l'idée de le blâmer : Yamal n'est évidemment pas hors sujet et le penalty gratté malicieusement face aux Bleus suffit à prouver qu'il peut apporter », nuance Seiller. En cas de titre dimanche, il gratterait quelques points dans la course au Ballon d'Or et garnirait joliment son CV. Mais pour toutes les raisons évoquées, la pépite ibérique devra sans doute attendre encore un peu.

Un débat qui divise

Ce débat illustre les attentes immenses qui pèsent sur les épaules de Lamine Yamal. À 19 ans, il est déjà comparé aux plus grands, mais son parcours en club et en sélection laisse entrevoir un potentiel encore inexploité. La question du Ballon d'Or, souvent controversée, repose autant sur les performances que sur l'image médiatique. Si l'Espagne remporte le Mondial, Yamal pourrait bien bousculer la hiérarchie établie. Mais pour l'instant, le doute persiste.

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