Le tribunal correctionnel de Nîmes a condamné, ce vendredi 14 août, un couple de sans-abri âgé de 25 et 33 ans pour avoir agressé une femme de 77 ans afin de lui dérober sa chaîne en or. Les faits, reconnus par les prévenus, se sont déroulés dans la soirée du 12 août, rue Anatole-France à Nîmes. Ils ont invoqué la faim et la précarité pour expliquer leur geste.
Un vol à l'arraché sur une septuagénaire
La victime, bien qu'en état de choc, a elle-même alerté les services de police. Grâce aux éléments d'identification fournis, le couple a été interpellé quelques heures plus tard, vers 22 h 40, rue Pierre-Gamel. Lors de l'audience, le président de l'audience, Jérôme Reynes, a interpellé les prévenus : « Est-ce que vous pensez aux répercussions que ça peut avoir sur ces personnes-là ? » Face à lui, les deux prévenus ont acquiescé, le regard fuyant.
« On était en galère, c'était pour manger », a tenté de se justifier le trentenaire. Il a expliqué avoir passé trois jours à dormir dans la rue, sans nourriture, juste avant les faits. « Je n'ai pas de famille, pas de revenus, pas de papiers », a-t-il poursuivi. Sa compagne, hébergée au centre d'accueil Adejo, a dit être sans domicile fixe depuis plusieurs jours après avoir été agressée par ses anciennes colocataires. L'attelle qu'elle porte au bras témoigne de ces violences.
Un parcours marqué par la misère sociale
Les deux prévenus ont reconnu avoir voulu « se faire un peu d'argent ». Tous deux ont été placés en foyer durant leur enfance et ont une petite fille de dix mois, aujourd'hui placée. Le procureur Frédéric Kocher a résumé : « C'est un dossier particulier où l'on ressent la misère sociale », tout en rappelant que ce contexte n'excuse pas les « faits crapuleux » reprochés.
Le trentenaire, qui compte douze mentions à son casier judiciaire pour des vols et des violences, était sorti de prison le 18 juillet dernier. « Il y a eu une main tendue avec plusieurs sursis probatoires », a souligné le procureur. Il a requis 30 mois de prison, dont six mois avec sursis probatoire, pour le trentenaire, et 14 mois, dont sept avec sursis probatoire, pour la jeune femme au casier vierge, avec maintien en détention pour les deux.
Des peines prononcées après délibéré
Me Salomé Auliard, en défense, a jugé ces réquisitions « largement disproportionnées ». Elle a plaidé : « Ils ont faim, ils n'ont pas de logement et ils prennent de très mauvaises décisions qu'ils regrettent. Mais elle, elle n'a jamais été condamnée auparavant. » Après délibéré, le trentenaire a été condamné à trois ans de prison, dont un an assorti du sursis probatoire, avec maintien en détention. Sa compagne a écopé d'un an de prison, entièrement assorti du sursis probatoire, avec plusieurs obligations.



