Vol de montres à Nice : deux Italiens condamnés à un an ferme
Vol de montres à Nice : deux Italiens condamnés

Deux ressortissants italiens, une tante et son neveu, ont été condamnés ce jeudi 6 août 2026 par le tribunal correctionnel de Nice à un an de prison ferme avec maintien en détention, ainsi qu'à une interdiction définitive du territoire national. Ils étaient poursuivis pour escroquerie en bande organisée après la plainte d'un commerçant niçois, qui leur reprochait le vol de cinq montres de luxe d'une valeur totale de près de 39 500 euros.

Une transaction qui tourne mal

L'affaire débute par une annonce sur Leboncoin. Le vendeur, un commerçant niçois, souhaitait céder une montre Hublot pour environ 4 500 euros. Un acheteur lui en propose 6 000 euros, et les discussions aboutissent à la vente de cinq pièces, dont des Rolex et des IWC, pour un montant total avoisinant les 39 500 euros. Le paiement devait s'effectuer en partie en espèces et par virement.

Le rendez-vous est fixé au 6 juin. La rencontre a d'abord lieu dans le hall de l'hôtel Le Splendid, où le vendeur, accompagné d'un ami, rencontre Daniel, le frère de l'acheteur suisse. Ce dernier juge l'endroit trop fréquenté et propose de se déplacer à la terrasse du café Le Verdi. C'est là qu'une Mercedes break arrive. Son conducteur descend, demande à voir les pièces, puis s'empare des montres et prend la fuite.

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Une course-poursuite et une interpellation

Selon le récit livré aux enquêteurs, le vendeur tente de récupérer les montres, mais Daniel monte dans le break et disparaît. S'ensuit un échange de véhicules dans le centre-ville pour brouiller les pistes. Les deux protagonistes montent dans une Opel, tandis qu'un homme et une femme s'enfuient avec la Mercedes. Ces derniers sont interpellés peu de temps après et comparaissent seuls devant le tribunal.

L'enquête révèle que Daniel est le père du mis en cause interpellé et le frère de sa coprévenue. La quadragénaire, en larmes, jure : « Je n'étais au courant de rien. » Elle explique qu'elle devait se rendre au Grand Prix de Monaco avec son entourage, un argument qui interroge, notamment en raison de l'absence de billet pour l'événement. Son neveu nie également toute implication.

Des prévenus déjà connus de la justice

Les deux prévenus sont déjà connus de la justice italienne pour des faits similaires plus anciens. Cette récidive présumée a pesé dans la décision du tribunal, qui a suivi les réquisitions de la procureure Coralie El-Bekkai.

Pour la défense, l'affaire est loin d'être simple. Me Brice Expert décrit les prévenus comme des « boucs émissaires » d'une escroquerie. Selon lui, son client aurait simplement fait confiance à son père et n'aurait jamais imaginé que celui-ci puisse le mettre en difficulté. La défense souligne également les différentes versions livrées par le vendeur aux enquêteurs, qui ne sont pas corroborées par les images de vidéosurveillance. Il apparaît notamment que celui-ci est monté dans la Mercedes avec le sac contenant l'argent et qu'il en est ressorti sans…

Des zones d'ombre persistantes

« Peut-être qu'il y a vraiment eu une transaction », avance Me Brigitte Mindeguia, qui ajoute : « Vous remarquerez qu'à aucun moment il n'y a eu une quelconque animosité entre les protagonistes. » Elle conclut en reprenant une formule employée à l'audience : « Si la naïveté n'est pas pénalement répréhensible, comme l'a dit mon confrère de la partie civile, l'ignorance non plus. »

Malgré ces arguments, le tribunal a condamné la tante et son neveu à un an de prison ferme avec maintien en détention et à une interdiction définitive du territoire national. Une décision qui laisse planer des interrogations sur les véritables commanditaires de cette escroquerie, alors que les montres n'ont pas été retrouvées et que la partie civile n'a pas fourni les factures d'achat des pièces prétendument volées.

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