Violences sexuelles sur mineurs : la note qui gêne Darmanin
Violences sexuelles : la note qui gêne Darmanin

Une note interne, publiée par Libération, met en lumière des insuffisances dans le traitement judiciaire des violences sexuelles sur mineurs, plaçant le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin dans une position délicate. Selon ce document, les enquêtes ouvertes pour ces infractions présentent des lacunes significatives, notamment en termes de délais et de coordination entre services.

Des chiffres alarmants sur les enquêtes en cours

Le document, daté de 2026, révèle que sur un échantillon de 1 200 dossiers examinés, près de 40 % n'ont pas donné lieu à des actes d'enquête dans les trois mois suivant le dépôt de plainte. Ces retards s'expliquent par une charge de travail excessive et un manque de personnels spécialisés, selon les syndicats de police cités dans l'article.

La note pointe également un défaut de transmission systématique des signalements entre les services de police et la justice, entraînant des pertes de temps et des risques de prescription. En 2025, 15 000 plaintes pour violences sexuelles sur mineurs ont été enregistrées, mais seulement 8 000 ont abouti à une mise en examen, soit un taux de 53 %.

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La réaction de Gérald Darmanin

Interrogé lors d'un déplacement à Lyon, Gérald Darmanin a reconnu « des marges de progrès » tout en défendant l'action du gouvernement. Il a annoncé la création de 500 postes supplémentaires dans les brigades dédiées aux mineurs d'ici 2027, une mesure déjà évoquée mais dont la mise en œuvre semble ralentie.

Des associations de victimes, comme La Voix de l'Enfant, ont dénoncé un « manque de volonté politique » et réclament un plan d'urgence. Selon elles, ces retards aggravent la souffrance des victimes et compromettent les chances de condamnation des auteurs.

Des recommandations pour améliorer le système

La note interne formule plusieurs recommandations : la mise en place d'un référent violences sexuelles dans chaque commissariat, la réduction des délais de transmission des signalements à 48 heures, et la création d'un fichier national centralisé des plaintes.

Ces propositions, si elles étaient appliquées, pourraient réduire de 30 % le délai moyen de traitement des enquêtes, actuellement de 14 mois. Cependant, leur mise en œuvre dépend d'un arbitrage budgétaire au ministère de l'Intérieur, qui n'a pas encore été rendu public.

En attendant, le ministre a promis une évaluation des pratiques d'ici la fin de l'année, sans préciser les modalités. Cette affaire intervient alors que le gouvernement prépare une loi sur la protection de l'enfance, prévue pour l'automne prochain.

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