Après plus de deux semaines de lutte intensive contre les incendies dans le Var, l'union régionale des sapeurs-pompiers SudMed tire la sonnette d'alarme : les rangs des sapeurs-pompiers volontaires (SPV) s'amenuisent, et l'organisation pointe du doigt les entreprises qui ne libèrent pas suffisamment leurs employés. Jean-Luc Decitre, président de l'union régionale SudMed, lance un appel pressant à la mobilisation du monde économique.
Un cri du cœur face à une situation exceptionnelle
« Il n'y a pas tous les jours des flammes de soixante mètres de haut, mais la guerre contre le feu sera encore longue dans le Var, et on a besoin de tous les volontaires disponibles pour la mener à son terme ! » déclare Jean-Luc Decitre, ce lundi. L'urgence est réelle : malgré un déploiement impressionnant de moyens, avec des camions positionnés autour de chaque colline, prêts à intervenir sur les premières fumerolles, le dispositif nécessite un nombre considérable de personnes sur la durée.
« Nous sommes conscients que c'est difficile, que nous arrivons au mois d'août et que traditionnellement il y a moins de personnel disponible, et que voilà plus de deux semaines que des moyens conséquents sont engagés, mais face à une situation exceptionnelle, il faut une mobilisation exceptionnelle », insiste-t-il. Le constat est amer : « On voit qu'en ce début de mois d'août, c'est de plus en plus difficile, de plus en plus d'employeurs ne jouent pas le jeu. »
Des disparités criantes entre petites et grandes entreprises
Jean-Luc Decitre observe des comportements très contrastés selon la taille des employeurs. « Les très petites entreprises sont formidables. Un artisan avec un seul salarié qui est SPV va se décarcasser, se plier en quatre pour lui permettre d'aller au feu. Et a contrario on voit de gros employeurs qui eux ne font pas le nécessaire, c'est rageant. » Cette inégalité de traitement est d'autant plus frustrante que la mobilisation est cruciale.
Le président régional souligne que les besoins ne se limitent pas à la lutte contre les flammes. « Si on a besoin de pompiers pour le feu, on en a aussi énormément besoin pour l'ensemble des activités opérationnelles, lourdes en été avec une fréquentation en très forte hausse. Ce dimanche, au centre d'Ollioules, il y a eu neuf sorties de l'ambulance dans la journée. Et sept la nuit précédente. Pour tout cela, il faut du monde… »
Des volontaires prêts à tout, mais à quel prix ?
Face à l'ampleur de la tâche, certains volontaires font preuve d'un dévouement extrême. « Nous connaissons des sapeurs-pompiers tellement motivés pour accomplir leurs missions qu'ils posent des congés sans solde pour venir lutter contre le feu… C'est admirable, mais est-ce normal ? » s'interroge Jean-Luc Decitre. Cette situation met en lumière les limites du système actuel et la nécessité d'une implication plus forte des employeurs.
L'appel à la solidarité est donc lancé : « C'est un appel à la solidarité, à la mobilisation du monde de l'entreprise » que formule le représentant régional des sapeurs-pompiers. La guerre contre le feu est loin d'être terminée, et chaque volontaire compte pour protéger les personnes, les biens et l'environnement. Les entreprises sont invitées à faciliter le départ de leurs salariés pompiers volontaires, que ce soit en les libérant ou en aménageant leurs horaires.



