Leur esprit d'entreprendre et leur organisation auraient pu être donnés en exemple de business à suivre si le produit commercialisé n'avait pas été illégal. Parce que c'est une véritable machine à fabriquer et vendre des stupéfiants que les gendarmes des Bouches-du-Rhône ont démantelé ces derniers jours, a-t-on appris ce samedi.
Un réseau structuré comme une entreprise
Les gendarmes le reconnaissent, ce trafic de stupéfiants qu'ils viennent de faire tomber était « structuré comme une véritable entreprise ». Selon les enquêteurs, le réseau était « capable de produire, promouvoir et expédier des drogues de synthèse à grande échelle, en France comme à l'international ».
Darknet, messageries cryptées et envoi discret
La longue enquête de la section de recherche de Marseille a permis de comprendre le fonctionnement du réseau. Ce dernier assurait lui-même la fabrication de certains produits, notamment des comprimés de drogue de synthèse. Pour cela, les malfaiteurs avaient monté un laboratoire et investi dans une machine capable de « produire plus de 13 000 comprimés par heure ».
Pour autant, le réseau ne se contentait pas de vendre le fruit de sa production. Il proposait aussi, entre autres, de la cocaïne, du LSD, du Xanax, de la méphédrone, de la kétamine ou encore du cannabis. Pour écouler la marchandise, les dealers avaient créé une boutique en ligne sur le darkweb, utilisaient des messageries cryptées comme Signal ou Telegram, ou encore des applications comme Threema.
Selon les gendarmes, le réseau affichait une « stratégie marketing pensée pour fidéliser une clientèle jeune », avec des « visuels soignés » et même des « analyses qualité » publiées en ligne. Les acheteurs étaient livrés « via fret postal » dans des casiers du même type que les lockers utilisés par Amazon. Le réseau proposait la livraison à l'international et assurait un support en ligne 24h/24 et 7j/7.
Opération d'envergure et saisies importantes
Mais leur organisation n'a pas empêché les trafiquants de se faire repérer. Une vaste opération mobilisant une centaine de gendarmes a permis l'interpellation de sept suspects. Les différentes perquisitions ont débouché sur la saisie de plus de 200 kg de stupéfiants, « dont 147 kg de drogues de synthèse », la saisie d'environ 100 000 euros en liquide ou en cryptomonnaies, la découverte d'une arme et la confiscation de nombreux objets de luxe.



