Le tribunal correctionnel de Nice a rendu son délibéré le 5 mai 2026 dans l'affaire du trafic de chiens importés d'Europe de l'Est, prononçant de nombreuses relaxes, totales ou partielles, et quelques condamnations. Cette décision est loin de satisfaire Stéphane Lamart, dont l'association de défense des animaux s'était portée partie civile. Le militant a dénoncé « un scandale à plus de 7 000 animaux » lors du passage de l'affaire devant le tribunal correctionnel, du 25 au 27 mars.
Un trafic de chiots venu de Hongrie et de Slovaquie
Pour rappel, le procès concernait un trafic de chiots venus de Hongrie et de Slovaquie et vendus dans des animaleries de Nice, principalement, ainsi que du Cannet et de Paris. L'enquête avait révélé que le trafic s'était étendu sur cinq années. Durant cette période, une vingtaine de chiots de races différentes avaient été introduits chaque mois de manière non conforme sur le territoire.
« On réduit le travail des associations de protection animale à néant »
« Je suis déçu car ce n'était pas les réquisitions formulées par le procureur de la République, soupire Stéphane Lamart. Si les autres parties font appel, nous suivrons. » Ce dernier attendait plus de « sévérité » pour lancer « un signal fort contre le trafic animalier ». « Les personnes condamnées doivent verser un euro au titre des dommages et intérêts. Ce n'est même pas le prix d'un timbre ou d'un pain au chocolat, s'agace-t-il. Avec de telles condamnations, on réduit le travail des associations de protection animale à néant. »
Depuis l'annonce du délibéré, le 5 mai, il ne décolère pas. « L'animal n'a donc pas de valeur, il n'est rien et ne vaut qu'un euro ? », interroge-t-il. Il ne fait aucun doute pour lui que « tant que la justice agira de cette façon, il y aura de la maltraitance animale ».
Un combat sans fin
Malgré la déception, Stéphane Lamart n'a nullement l'intention de baisser les bras et assure continuer son combat. « Je ne lâcherai rien, martèle le défenseur des animaux. Tout cela renforce ma détermination, qui s'en retrouve doublée voire triplée. » Il enfonce le clou : « Nous avons raison de nous constituer partie civile et de mitrailler la justice car il faut continuer à éduquer les gens ».
« Nous avons quand même eu des condamnations, même si l'euro symbolique ne veut rien dire, constate Me Patrice Grillon, l'avocat de l'Association Stéphane Lamart. Si on reconnaît qu'il y a une victime, il faut une indemnisation avec une somme à la hauteur du préjudice. Un euro symbolique ne répare pas le préjudice. » L'avocat de l'ASL maîtrise ce genre de dossiers puisqu'il « plaide depuis 25 ans pour la cause animale ».
« C'est un combat sans fin mais il y a tout de même eu une belle évolution ces dernières années, admet-il. Il est vrai que les verdicts déçoivent souvent mais il faut retenir qu'il y a eu reconnaissance de culpabilité. Sans oublier qu'il y a, depuis quelques années, une loi qui interdit la vente de chats et de chiens en animalerie. »
Le volet maltraitance renvoyé en juillet
L'une des prévenues n'a pu comparaître en mars pour raison de santé et devra se présenter à la barre le 10 juillet 2026. « Le tribunal a ordonné la disjonction de la société et de sa gérante, indique Me Grillon. Le point singulier de ce renvoi est qu'après le volet des infractions (transport illicite, tromperie sur la marchandise, etc.), le tribunal va se pencher sur le volet maltraitance. » Lors de ce renvoi, ce sont donc les mauvais traitements reçus par les animaux qui vont être étudiés.



