Tarascon : 150 salariés occupent l'usine Fibre Excellence
Tarascon : 150 salariés occupent l'usine Fibre Excellence

Une centaine de salariés de l'usine Fibre Excellence de Tarascon, dans le Gard, occupent le site depuis sept jours, exigeant des réponses concrètes sur l'avenir de leur entreprise après l'annonce de sa liquidation judiciaire. Le 27 juillet, le tribunal de commerce de Toulouse a prononcé la liquidation du site de Tarascon, entraînant la suppression de 270 postes. Les salariés, soutenus par les syndicats, refusent d'abandonner et maintiennent la pression.

Une mobilisation qui s'intensifie

Ce lundi 3 août, 150 ouvriers ont perturbé la circulation autour de l'usine dès 7 heures, déployant pancartes et banderoles sur les deux ronds-points adjacents. Selon un délégué syndical Force ouvrière (FO) présent sur place, une centaine d'ouvriers se sont déplacés ce matin. « Nous n'avons jamais été reçus par la préfecture. Nous exigeons encore une reprise, voire une nationalisation », a-t-il déclaré. « On n'abandonne pas le site. On veut des réponses concrètes sur un repreneur. La liquidation ne doit pas être une fin en soi », a-t-il ajouté.

Les représentants du personnel attribuent les difficultés économiques de l'entreprise à la forte hausse du coût du bois, principale matière première pour la fabrication de pâte à papier. Ils entendent maintenir la pression tant qu'aucune décision concrète n'aura été prise.

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Des risques de sécurité majeurs

À partir du 28 août, le site, à l'arrêt depuis trois mois, sera complètement abandonné sans surveillance. « Il y a encore des produits chimiques sur place, des tonnes de bois stockées. Les risques d'incendie sont réels », alerte Alexandre Ducouret, maire de Tarascon. Plusieurs substances dangereuses sont encore entreposées : de la soude, de l'amiante et des liqueurs. La municipalité redoute également que le site attire des amateurs d'urbex (exploration de lieux abandonnés). « Un accident peut vite arriver », prévient-il.

Selon la mairie, le site faisait l'objet de demandes de mises aux normes depuis 2001. « Si les travaux avaient été réalisés en temps et en heure, je pense que nous n'en serions pas là aujourd'hui », regrette le maire, toujours surpris par cette liquidation.

Des conséquences économiques lourdes

Au-delà des 270 emplois supprimés, la ville de Tarascon subit une perte estimée à 800 000 euros. « C'est une décision catastrophique pour les employés et pour toute l'industrie de notre territoire. Cela coûterait entre 150 millions et 200 millions d'euros pour le démantèlement et la dépollution du bâtiment. Mais qui va payer ? », s'interroge Alexandre Ducouret. Il assure que le bâtiment est loin d'être sécurisé pour une fermeture totale et que l'avenir du site reste à préciser.

Un rendez-vous à la préfecture sans garanties

Grâce à leur occupation, les salariés et les syndicats ont obtenu un rendez-vous à la préfecture de Marseille avec le secrétaire général. Après environ 1 heure 15 d'échanges, aucune garantie financière n'a été apportée aux 270 salariés licenciés, ni de réponse concrète sur la sécurité du site. Selon un délégué syndical, cela reflète une impréparation : personne ne s'attendait à cette liquidation. Un autre rendez-vous a été fixé lundi prochain.

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