Skatepark de Rennes : les riders oubliés crient leur colère
Skatepark de Rennes : les riders oubliés crient leur colère

L'inauguration du skatepark de la Poterie, à Rennes, devait être une fête de la glisse, ponctuée de démonstrations. Mercredi après-midi, seuls une poignée de skateurs ont envoyé quelques figures sur les nouveaux modules en granit. Sur le côté, des piles de rollers entassés, quelques trottinettes et des pancartes en carton avec un message clair : « Où est notre skatepark ? »

Une colère partagée par toutes les disciplines

Cette revendication est portée par tous les amateurs de glisse ne pratiquant pas le skate. Qu'ils soient en roller, en BMX ou en trottinette, ces riders sont particulièrement mécontents de la rénovation de « leur » skatepark. « On nous avait promis quelque chose de pluridisciplinaire. On avait participé à la concertation, on avait parlé de nos attentes, de nos envies. Et puis plus rien, jusqu'à ce qu'on découvre ça », regrette Kim, adepte du roller.

« Ça », c'est un skatepark plutôt bien conçu mais trop branché « street ». Un équipement taillé pour le skateboard, oubliant les autres disciplines plus aériennes. « On n'a rien contre le skate. Mais ils ont déjà d'autres spots à l'Arsenal ou aux Gayeulles. Nous, on n'a nulle part où aller », regrette Cécile, qui roule en roller. Alexandre et Malo font du BMX à Rennes depuis une quinzaine d'années. La Poterie, c'était leur jardin. « Ils veulent tuer notre sport. Franchement, une ville de 250.000 habitants, elle mérite autre chose que ça. Surtout pour ce prix-là », regrettent les deux hommes.

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600.000 euros pour un équipement contesté

La promesse était pourtant belle. Celle de faire du nouveau skatepark de la Poterie « une référence ». Attendue au tournant par tous les amateurs de glisse, la ville de Rennes avait accepté de mettre 600.000 euros sur la table pour transformer entièrement son plus grand skatepark. Installé là depuis des années, ce spot avait fait l'objet d'une fermeture soudaine en 2022, en raison de la dangerosité de certains modules.

En Ille-et-Vilaine, l'endroit était pourtant connu, notamment pour sa « funbox » installée au milieu qui permettait d'envoyer de grosses figures aériennes. Mais ça, c'était avant. Même dans le clan des skateurs, ce choix interroge. « Il y a des modules sympas et d'autres qu'on ne comprend pas trop. Pour le skate, c'est quand même sympa. Mais je comprends les revendications », témoigne Erwan, prof de skate de l'association Ride like share.

La mairie défend un espace pour « le plus grand nombre »

Mercredi soir, une trentaine de riders ont entouré la maire Nathalie Appéré pour lui faire part de leurs regrets. « J'entends ce que vous dites. Mais il y avait aussi des critiques sur la Poterie. Beaucoup de gens demandaient qu'il soit plus accessible aux débutants », tente d'expliquer la maire. Son adjoint aux sports Yannick Nadesan glisse dans la même direction. « Je comprends que ceux qui pratiquent à haut niveau puissent être frustrés. Nous avons voulu un espace qui puisse accueillir toutes les pratiques. C'est un équipement qui devait rester accessible pour un public débutant et intermédiaire. C'est un choix que nous faisons ici et ailleurs pour que cela profite au plus grand nombre. »

Frustrés par leur échange avec la maire, les riders ont su placer leurs revendications, avec l'espoir que le skatepark puisse bouger. « S'il faut que ça s'enrichisse, ça peut s'enrichir », leur a répondu Nathalie Appéré, rappelant que la ville a déboursé « plus de 500.000 euros » pour ce projet issu du budget participatif. L'ensemble de la discipline attend aussi un espace couvert pour pouvoir pratiquer. Un spot est en cours d'aménagement aux Halles en commun de la Courrouze et un projet de bowl est à l'étude dans l'ancienne piscine de Villejean.

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