Relaxe pour proxénétisme à Nîmes, six mois avec sursis pour outrage
Relaxe pour proxénétisme à Nîmes, six mois avec sursis

Deux hommes poursuivis pour proxénétisme à Nîmes ont été relaxés par le tribunal correctionnel, faute d'éléments probants. L'un d'eux a toutefois été condamné à six mois de prison avec sursis pour avoir outragé un policier lors de l'enquête. La plaignante, une travailleuse du sexe, avait affirmé être contrainte de se prostituer sous la menace.

Une plainte pour proxénétisme aggravé

La jeune femme, qui exerçait la prostitution de manière professionnelle, avait réussi à s'enfuir d'un appartement nîmois pour se rendre au commissariat. Elle y a déposé plainte contre deux hommes, âgés de 33 et 24 ans, les accusant de la maintenir sous leur emprise. Selon sa déposition, elle enchaînait jusqu'à 20 clients par jour, rapportant entre 600 et 1 000 euros quotidiennement, dont elle ne percevait qu'une infime partie.

Dans sa plainte, elle a décrit un contrôle permanent : l'un des deux hommes était présent dans le studio, gérait les appels téléphoniques et fixait l'agenda des passes. Elle a également confié aux policiers craindre pour sa sécurité et celle de sa fille, placée dans un foyer. Elle a précisé souffrir de troubles bipolaires importants, un élément que la défense a mis en avant pour expliquer ce qu'elle qualifie de dénonciation mensongère.

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Une enquête aux charges contrastées

Après le dépôt de plainte, la police nîmoise a ouvert une enquête et interpellé les deux suspects. Lors de l'audience de comparution immédiate, lundi, les prévenus ont nié toute forme de contrainte ou de menace. Ils ont contesté la thèse d'un commando envoyé pour faire pression sur la jeune femme si elle tentait de s'échapper ou d'arrêter de se prostituer. L'un d'eux a reconnu avoir rencontré la plaignante en soirée et avoir eu recours à ses services, tandis que le trentenaire a admis l'avoir "dépannée" en lui fournissant de la drogue.

Le parquet, lui, s'appuyait sur des éléments jugés étayés : la plainte, des charges (arme, argent liquide retrouvé, témoignage), des captures d'écran Snapchat et des photos de billets de banque envoyées par la victime. La représentante du ministère public a requis trois ans de prison contre l'un et cinq ans contre le second, déjà condamné à neuf reprises. Mais la défense a plaidé la relaxe, invoquant l'absence de preuves solides. Me Laurence Aguilar, avocate d'un des prévenus, a affirmé que la plaignante "a menti en procédure". Me Chrystel Georges a, quant à elle, plaidé la relaxe ou la dispense de peine.

Un délibéré en demi-teinte

Après délibéré, le tribunal a relaxé les deux hommes des accusations de proxénétisme, estimant que les charges n'étaient pas suffisantes. En revanche, l'un d'eux a été reconnu coupable d'outrage à agent et condamné à six mois de prison avec sursis. La jeune femme, décrite comme extrêmement fragile par son avocate, Me Gasnot, n'a pas obtenu gain de cause sur le fond. Cette affaire met en lumière les difficultés de preuve dans les dossiers de proxénétisme, où la parole de la victime est souvent centrale mais insuffisante sans éléments corroborants.

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