Paillassonnages et rafalages : la guerre des points de deal au cœur des violences armées
Paillassonnages et rafalages : la guerre des points de deal

Les violences liées au trafic de stupéfiants connaissent une escalade sans précédent en France. Selon une enquête du Monde, les méthodes employées par les gangs, telles que le paillassonnage (tirs à hauteur d'homme) et le rafalage (tirs à l'arme automatique), se multiplient, transformant les points de deal en véritables champs de bataille.

Une guerre des territoires

Les points de deal, ces lieux fixes où se déroule la vente de stupéfiants, sont devenus l'épicentre des violences armées. Les affrontements entre bandes rivales pour le contrôle de ces zones commerciales lucratives ont explosé. En 2025, le nombre de règlements de comptes liés au trafic a augmenté de 30 % par rapport à l'année précédente, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur.

Les quartiers sensibles des grandes métropoles comme Marseille, Lyon ou Paris sont particulièrement touchés. À Marseille, la guerre des points de deal a fait 24 morts en 2025, un record historique. Les méthodes sont de plus en plus brutales : les paillassonnages consistent à tirer sur les jambes des victimes pour les neutraliser, tandis que les rafalages visent à semer la terreur en utilisant des armes de guerre.

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L'impact sur la population

Ces violences ont un impact direct sur la vie des habitants. « Les riverains vivent dans la peur constante. Les tirs peuvent survenir à tout moment, même en plein jour », témoigne un habitant du quartier de La Castellane à Marseille, sous couvert d'anonymat. Les écoles doivent parfois fermer, et les commerces baissent le rideau par crainte des balles perdues.

Les forces de l'ordre peinent à endiguer le phénomène. Malgré des opérations régulières, les dealers s'adaptent rapidement. « Les points de deal sont mobiles et se déplacent en fonction des descentes de police », explique un commissaire de la brigade des stupéfiants. En 2025, plus de 10 000 points de deal ont été recensés en France, dont 1 500 en Île-de-France.

Les causes profondes

Les experts pointent du doigt la précarité et le chômage, qui alimentent le recrutement de jeunes dans les trafics. « Le trafic de stupéfiants est devenu la seule perspective économique pour beaucoup de jeunes dans les quartiers défavorisés », analyse Jean-Pierre D., sociologue spécialiste des questions urbaines. La demande croissante de stupéfiants, notamment de cocaïne, stimule également le marché.

Les autorités tentent de répondre par une approche mixte : répression et prévention. Le gouvernement a annoncé le déploiement de 200 unités de forces de l'ordre supplémentaires dans les zones les plus touchées, ainsi que des programmes d'insertion professionnelle pour les jeunes. Cependant, ces mesures restent insuffisantes face à l'ampleur du phénomène.

Vers une escalade ?

Les violences armées liées aux points de deal pourraient encore s'aggraver. Les trafiquants utilisent désormais des armes de guerre, comme des fusils d'assaut, et n'hésitent pas à s'en prendre aux forces de l'ordre. En 2026, une fusillade à Grenoble a fait trois morts, dont un policier. « Nous assistons à une véritable guerre des gangs, avec des méthodes qui rappellent celles des cartels sud-américains », alerte un enquêteur de l'Office antistupéfiants (OFAST).

La lutte contre ce fléau nécessite une coordination renforcée au niveau national et européen. La création d'une task force interministérielle a été évoquée, mais les résultats tardent à se concrétiser. En attendant, les habitants des quartiers concernés continuent de subir les conséquences de cette guerre des points de deal.

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