Nuits de violences à Paris : 108 interpellations, Macron promet fermeté
Nuits de violences à Paris : 108 interpellations, Macron promet fermeté

Au lendemain de violences massives en marge de la manifestation contre la vie chère, des incidents ont de nouveau éclaté dimanche à Paris, où la préfecture de police a recensé 108 interpellations et au moins cinq magasins pillés, dont un Darty à Belleville et deux supermarchés. Le président Emmanuel Macron a promis dans la soirée la fermeté contre les auteurs des violences, mais aussi « la transparence » sur le dispositif de maintien de l'ordre.

Des heurts persistants dans la capitale

Après l'intervention d'Emmanuel Macron, des heurts ont continué à Paris. La préfecture de police (PP) a évoqué 108 interpellations dans la capitale dimanche, dont 66 dans la soirée, et dénombré au moins cinq magasins pillés, dont un commerce de vêtements, un Darty à Belleville et deux supermarchés. Dans le centre de la capitale, la PP a fait état de « groupes épars de jeunes délinquants d'opportunité continuant de chercher à piller des magasins dans le secteur Châtelet/Les Halles ».

Près du boulevard Sébastopol, plusieurs dizaines de jeunes ont crié des slogans antipoliciers, jetant des bouteilles en verre en direction des forces de l'ordre. Une porte d'entrée de l'emblématique grand magasin BHV Marais a été brisée et éventrée, et des pilleurs se sont introduits à l'intérieur. Vers le musée Pompidou, la vitrine d'une boutique d'optique Afflelou a été cassée. Les forces de l'ordre étaient déployées en nombre autour du centre commercial des Halles. Des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes ont été lancés à divers endroits du centre de la capitale, et des charges ont également été observées.

Macron promet fermeté et transparence

Emmanuel Macron a promis dimanche la fermeté contre les auteurs des violences en marge des manifestations de samedi, mais aussi « la transparence » sur le dispositif de maintien de l'ordre. « Nous ressentons tous ce soir de la colère, de la honte », a déclaré le président dans une allocution d'une dizaine de minutes. Il a dénoncé « des factieux issus de groupuscules d'ultra-gauche, rejoints par de nombreux délinquants », qui « se sont livrés à une violence débridée dans nos villes ». Mais, « jamais nous ne devons confondre » les manifestants aux « revendications légitimes » avec « ceux qui ont détruit, cassé, pillé ».

Dans les prochains jours, les préfets, pour « protéger nos villes », pourront « interdire » certains rassemblements, a annoncé le chef de l'État, qui maintient son déplacement de trois jours prévu à partir de ce lundi dans le Golfe. Cette allocution n'a pas convaincu, même dans son camp. Édouard Philippe aurait « préféré […] des décisions et des initiatives ». Du côté des oppositions, la patronne des Écologistes Marine Tondelier aurait « aimé entendre le président amorcer le début d'un commencement de mea culpa ». « Les revendications demeurent ce soir », a abondé Manuel Bompard, coordinateur de LFI. Le président du RN Jordan Bardella a, lui, fustigé une « lamentable allocution ».

Des incidents également en province

Des heurts ont également eu lieu à Lyon, Marseille et près de Nantes, avec des tentatives d'intrusion. Ces incidents surviennent alors que la France fait face depuis samedi à des violences urbaines d'une intensité rare. Des « casseurs » ont profité de la vaste manifestation pacifiste du 17 octobre contre la vie chère pour se livrer à des pillages et des dégradations. Le président a promis des réunions dans les prochains jours à Matignon, à défaut d'annonces majeures. Les forces de l'ordre restent mobilisées pour prévenir de nouveaux débordements dans les prochaines nuits.