Macron refuse la démission de Nuñez après les violences
Macron refuse la démission de Nuñez

Le président Emmanuel Macron a rejeté la proposition de démission du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, présentée après les violences qui ont émaillé la mobilisation de ce week-end, a indiqué l'Élysée ce lundi matin. Le chef de l'État a déclaré que Laurent Nuñez devait rester à son poste pour garantir le maintien de la chaîne de commandement au sein de la police et des forces de sécurité. Il lui a également demandé de mettre en place dès que possible de nouvelles mesures pour faire face aux pillards, tout en réclamant de la « transparence » et en pointant « les défaillances d'anticipation et de renseignements ».

Une allocution télévisée pour dénoncer la violence

Dans une allocution solennelle diffusée à la télévision dimanche 18 octobre, au lendemain d'une journée de manifestations marquée par de nombreux incidents dans plusieurs villes, Emmanuel Macron a dénoncé la « violence débridée de factieux de la mouvance d'ultra-gauche et de délinquants ». Il a dit avoir éprouvé de la « honte » face à l'ampleur des dégradations, alors que Paris connaissait de nouvelles scènes de chaos.

Le président a promis des aides rapides aux commerçants dont les magasins ont été pillés, et renvoyé sur les préfets et les maires la responsabilité de « protéger nos villes, nos bâtiments publics et nos commerces », si besoin en interdisant certains rassemblements qui pourraient dégénérer. Il a également demandé à l'ensemble des partis politiques et des syndicats de condamner les violences et d'appeler au calme pour permettre à la campagne de l'élection présidentielle de se dérouler dans les meilleures conditions.

Laurent Nuñez assume sa responsabilité

Sur France Inter, Laurent Nuñez a déclaré : « Je remets ma démission parce que je suis responsable de tout ce qui se passe ». Il a reconnu une « asymétrie » entre le dispositif policier et la violence de certains manifestants, tout en mettant en cause l'ultra-gauche. Le ministre de l'Intérieur a admis qu'il y avait eu « une perte de contrôle » de la police dans certaines villes.

Prônant le dialogue avec les manifestants qui ont exprimé pacifiquement des revendications « légitimes », Emmanuel Macron a assuré que les autorités se montreraient « intraitables » avec les casseurs : « Ceux qui ont détruit doivent payer », a-t-il dit, ajoutant que « l'écoute et le dialogue ne signifient ni la faiblesse ni l'impunité ». « Le pays a besoin d'ordre et d'apaisement », a-t-il plaidé.

Une mobilisation née sur les réseaux sociaux

Initialement né sur les réseaux sociaux, l'appel à manifester de samedi avait été relayé par les syndicats lycéens qui se mobilisent depuis la mi-septembre pour obtenir de meilleures conditions d'enseignement, ainsi que par des organisations syndicales dénonçant la hausse du coût de la vie. La journée de samedi 17 octobre a été marquée par des émeutes, des destructions et des pillages de commerces dans tout le pays.