Au lendemain des violences lors des manifestations du 17 octobre, de nouveaux heurts ont éclaté dimanche 18 octobre dans plusieurs grandes villes françaises. À Paris, le ministre de l'Intérieur a fait état de 350 interpellations par les forces de l'ordre, tandis que des magasins ont été pillés dans la capitale.
Des affrontements au centre de Paris
Les forces de l'ordre étaient déployées en nombre autour du centre commercial des Halles. Des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes ont été lancés à divers endroits du centre de la capitale, et des charges ont également été observées.
« Dégradations et feux ont repris dans Paris et son centre, notamment tout autour des Halles. Merci à tous les commerçants encore ouverts de prendre toute mesure pour se protéger, y compris en fermant leurs boutiques, la police étant extrêmement sollicitée », a demandé le maire de Paris Centre Ariel Weil sur X.
Dans l'après-midi, des affrontements opposant plusieurs centaines de personnes aux forces de l'ordre ont duré plusieurs heures autour de la place de la République, déjà théâtre de violences samedi, selon une journaliste de l'Agence France-Presse (AFP). Les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes, de grenades assourdissantes et d'un canon à eau face à des jets de projectiles, des incendies et des provocations de jeunes munis de barres de fer. La CRS 8, spécialisée dans la lutte contre les violences urbaines, a été engagée place de la République, comme ce fut le cas samedi dans le secteur des Halles.
Plusieurs magasins pillés et 350 interpellations
Plus de 350 interpellations ont été dénombrées à Paris dimanche, a indiqué lundi 19 octobre le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez sur France Inter. La veille au soir, la préfecture de police de Paris (PP) avait évoqué 108 interpellations, dont 66 dans la soirée, et dénombré au moins cinq magasins pillés, dont un commerce de vêtements, un Darty à Belleville et deux supermarchés. Une trentaine de magasins ont été pillés pendant la nuit, a indiqué le maire de Paris Emmanuel Grégoire sur France Inter lundi matin.
Dans le centre de la capitale, la PP a fait état de « groupes épars de jeunes délinquants d'opportunité continuant de chercher à piller des magasins dans le secteur Châtelet/Les Halles ». Près du boulevard Sébastopol, plusieurs dizaines de jeunes ont crié des slogans anti-policiers, jetant des bouteilles en verre en direction des forces de l'ordre, selon une reporter de l'AFP. Une porte d'entrée du grand magasin BHV Marais a été brisée et éventrée, et des pilleurs se sont introduits à l'intérieur, a constaté une journaliste de l'AFP. Vers le musée Pompidou, la vitrine d'une boutique d'optique Afflelou a été cassée, a aussi observé l'AFP.
« Des scènes insupportables » pour Emmanuel Grégoire
Le maire de Paris a dénoncé lundi des « scènes insupportables » de pillages dans la capitale dimanche. « Ça n'a pas l'ampleur de samedi, mais il y a eu des groupes de pilleurs qui se sont répartis dans plusieurs quartiers de la ville », a indiqué l'élu PS sur France Inter, précisant que cette fois les casseurs agissaient « à visage découvert ». « C'est le temps de demander des réponses sur la question politique. S'il y a des casseurs, c'est qu'il y a des mouvements sociaux et qu'il y a une forme de pourrissement de ce mouvement social qui est organisé par le gouvernement », a déclaré le maire de la capitale sur France Inter.
Des « dizaines » de placements en détention provisoire
Des dizaines de personnes ont été placées en détention provisoire en France à la suite des violences du week-end, a annoncé Gérald Darmanin sur France 2 lundi. « Il y a eu 2 331 gardes à vue pendant le week-end, 70 % sont des majeurs, très souvent connus des services de police », dont « plus de 80 % » font l'objet de poursuites, et « il y a déjà des dizaines de détentions provisoires, dont 13 à Marseille », particulièrement touchée par les violences, a déclaré le garde des Sceaux.
À Lyon, un groupe d'une cinquantaine de jeunes, cagoulés pour la plupart, a tenté de briser la vitrine d'un magasin Lacoste avant que la police n'intervienne. Les forces de l'ordre « interviennent pour contrecarrer toute tentative de prédation », selon la préfecture, évoquant « des faits sous contrôle et sans commune mesure avec hier ». Une tentative d'intrusion a également eu lieu dans un magasin Boulanger à Saint-Herblain près de Nantes, selon les services de l'État en Loire-Atlantique. À Marseille, « tout au long de l'après-midi, plusieurs groupes d'individus se sont constitués et déplacés entre différents pôles commerciaux », indique la préfecture de police déléguée des Bouches-du-Rhône. À Nice, quelques courses-poursuites ont eu lieu le long de l'avenue Jean-Médecin, principale artère commerçante de la ville, et le parquet a fait état d'une quinzaine de placements en garde à vue.