Des affrontements ont opposé dimanche 18 octobre plusieurs centaines de personnes aux forces de l'ordre place de la République à Paris, au lendemain de violences et de pillages massifs. La CRS 8, unité spécialisée dans la lutte contre les violences urbaines, a été engagée alors qu'un rassemblement non déclaré était en cours, selon une journaliste de l'AFP sur place.
Un appel non déclaré relayé sur les réseaux sociaux
La préfecture de police de Paris a indiqué à l'AFP qu'« un appel à rassemblement, non déclaré, place de la République ce jour à 14 heures a été diffusé sur les réseaux sociaux ». Pour éviter un nouveau cortège sauvage après une journée de samedi particulièrement tendue, marquée par 855 interpellations dans la capitale, les forces de l'ordre ont « procédé à des contrôles » et « mis en place un dispositif de sécurité » afin de pouvoir « intervenir rapidement si nécessaire ».
« Face aux premières tensions, les effectifs » se sont rapprochés « pour disperser et interpeller », a ajouté la préfecture de police. Les forces de l'ordre ont fait une première fois usage de gaz lacrymogènes, selon les images des télévisions, qui montraient une situation sous contrôle vers 15h15. Mais les tensions sont revenues peu après.
Des manifestants déterminés à « épuiser les flics »
Selon Ali, 26 ans, des appels circulent sur les réseaux sociaux pour « venir aujourd'hui et poursuivre la mobilisation d'hier, avec l'idée d'épuiser les flics ». La CRS 8 avait déjà été engagée samedi, notamment dans le secteur des Halles. Autour de la statue de la République, des manifestants arboraient comme samedi des pancartes de revendication, telle « Sème la misère, récolte la colère ». Des groupes de jeunes souvent vêtus de noir et pour certains masqués manifestaient autour de la statue, a constaté une journaliste de l'AFP.
Des projectiles ont été lancés contre les forces de l'ordre, qui ont répondu par des grenades assourdissantes et lacrymogènes avant de charger. Plusieurs interpellations ont eu lieu et, alors que le camion avec canon à eau s'avançait, un jeune a lancé : « Range ton camion, on n'a pas peur ! »
Incendies et pillages à Paris et à Lyon
« Une tentative de formation de barricade a été immédiatement contenue » et « des manifestations déclarées se tiennent en parallèle », a expliqué la PP. Les pompiers sont également intervenus pour éteindre des feux, notamment rue Léon-Jouhaux, où des Vélib ont été incendiés. Des actions de pillage ont également repris dans le secteur, visant notamment un magasin de vêtements, selon des images de télévision.
À Lyon, un groupe d'une cinquantaine de jeunes, cagoulés pour la plupart, a tenté de briser la vitrine d'un magasin Lacoste avant que la police n'intervienne, a constaté dimanche un journaliste de l'AFP. Ce groupe était parti de la place Bellecour vers une rue commerçante de la ville mais la police a réussi à le disperser en lançant des gaz lacrymogènes.