Le magasin Footkorner, situé au 6 rue Crémieux en plein centre-ville de Nîmes, a été saccagé et pillé samedi à 17 h 50, en marge de la manifestation du 17 octobre. Une centaine de personnes ont dévasté la boutique, selon le cogérant.
Un magasin dévasté en quelques minutes
Le cogérant, qui souhaite garder l'anonymat, raconte avoir tout vécu en direct via les caméras de surveillance. « Ils étaient près d’une centaine, ils ont tout saccagé. J’ai aussi une boutique à Saint-Étienne, qui a également été pillée. À Nîmes, j’ai tout vécu en direct des caméras. Ils ont pris la recette, cassé les mannequins, les portiques de sécurité, la caisse, les tablettes. Je ne sais pas comment ils sont entrés en aussi peu de temps. Mes employés se sont retranchés dans la réserve. L’agence de sécurité a fait du gardiennage toute la nuit », explique-t-il.
Ce dimanche matin, des employés de l’entreprise Ayari fixaient des plaques d’OSB pour remplacer la grande vitrine démolie. « On va barricader les deux côtés, ça sera soutenu par des étais, ils ne pourront plus passer en attendant la réparation de la vitrine », ont-ils indiqué, impressionnés par l’ampleur des dégâts.
Un commerce déjà fragilisé
Le gérant exprime son désarroi : « On est dégoûté. Déjà que le centre-ville de Nîmes, c’était compliqué… Maintenant, on va voir comment ça va se passer. Je vais devoir fermer, porter plainte, faire marcher les assurances. À Saint-Étienne, ça fait plusieurs fois que ça m’arrive. Il y a des groupes qui tournent sur les réseaux et qui ciblent ce genre de magasin, comme ça avait été le cas au moment des émeutes après l’affaire Naël. Avec mon associé, on va se poser et réfléchir sur la suite. »
À quelques pas de Footkorner, à La Coupole des Halles, le magasin Paul, tout fraîchement inauguré, a également été pillé. Dans certaines boutiques, commerçants comme clients ont eu très peur. L’horlogère Valérie Bénier témoigne : « À 17 h 30, ma salariée a dû fermer précipitamment. Dans la boutique il y avait un client et son enfant. Ils sont restés tous les trois enfermés jusqu’à 18 h 30, en attendant que ça se calme. On s’est passé le mot entre commerces. La plupart des boutiques ont fermé. »
Les autorités recensent les dégâts
L’adjoint au commerce Emmanuel Bois a fait le tour, entre samedi soir et dimanche matin, des commerces impactés. « On les recense, et on fera le point pour pouvoir les soutenir. Ces violences ne sont en aucun cas justifiables », a-t-il déclaré. Pour l’heure, les autorités s’interrogent : combien y a-t-il de bandes actives ? Les mêmes bandes ont-elles pu enchaîner différents pillages ?
À Nîmes, proche du centre, le Carrefour Express de la place Montcalm a également été pillé. Sur le périphérique, le Lidl a été vandalisé mais pas pillé. Il a pu rouvrir ce dimanche matin.