Nice : 7 ans de prison pour séquestration et humiliations d'un homme soupçonné d'être une "balance"
Nice : 7 ans pour séquestration et humiliations d'un homme

Le tribunal correctionnel de Nice a condamné deux jeunes hommes, âgés de 22 et 25 ans, à sept ans d'emprisonnement pour avoir séquestré, humilié et violemment agressé un homme qu'ils soupçonnaient d'être une « balance » dans le quartier sensible de Fenoglio de Briga, à Nice. Les faits se sont déroulés en octobre 2025. Le parquet a souligné que ce type de violences, longtemps l'apanage des narcotrafiquants marseillais, tend à se multiplier et à s'étendre à d'autres territoires.

Des vidéos découvertes par hasard

L'affaire a débuté le 12 janvier 2026, lorsque des policiers ont découvert dans le téléphone portable d'un homme placé en garde à vue plusieurs vidéos montrant un individu soumis à une succession de sévices et d'humiliations. Le gardé à vue a assuré ne connaître ni la victime ni les auteurs. Les enquêteurs ont finalement identifié la victime grâce à des fonctionnaires de police qui l'avaient récemment interpellée dans une affaire de stupéfiants. Au total, neuf séquences de quelques secondes ont été exploitées, permettant d'identifier les deux prévenus : Paul Auguste Gohi, 25 ans, originaire des Hauts-de-Seine, et Sergio Dos Santos Mendes Cardoso, 22 ans, né au Portugal. Les deux étaient déjà en détention.

Le calvaire de la victime

La victime, absente à l'audience et non représentée, a expliqué aux enquêteurs n'avoir jamais porté plainte par peur de représailles. « Nice est une petite ville où tout se sait », a-t-elle justifié. Selon ses déclarations, un soir d'octobre 2025, après sa journée de travail, elle a rejoint un ami à Fenoglio de Briga lorsqu'elle a croisé les deux prévenus. Sergio Dos Santos, persuadé qu'elle l'avait « balancé » dans une affaire de stupéfiants – ce qui n'était pas le cas – l'aurait forcée à entrer dans un local avant de la frapper et de la rouer de coups. Rapidement, plusieurs autres personnes seraient arrivées. Paul Auguste Gohi a contraint le jeune homme à avaler un mégot, à lécher le sol, lui a brûlé la langue et l'oreille au briquet. Il a également été frappé à plusieurs reprises, dénudé, tandis qu'un couteau a été apporté pour lui lacérer le crâne et lui couper ses nattes. Il a été dépouillé de tous ses effets personnels. La victime a ensuite passé la nuit dans un sous-sol du quartier Roquebillière, sans pouvoir quitter les lieux « parce qu'il y avait les choufs ». Marquée psychologiquement, elle a déclaré aux enquêteurs : « Je ne suis plus le même qu'avant ».

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Les explications des accusés

Lors de l'audience, après la diffusion des vidéos particulièrement glaçantes, les deux mis en cause, tous deux en état de récidive légale, ont tenté de s'expliquer. Sergio Dos Santos a déclaré : « Je souhaite m'excuser, pas parce que je suis en prison. J'ai honte de regarder ». Paul Auguste Gohi a tenu un discours similaire : « En vrai, on n'est pas comme ça d'habitude. On n'était pas dans notre état normal, même si ça n'excuse rien. » Dos Santos a maintenu que la rencontre était fortuite et qu'il voulait « tranquillement » s'expliquer. « Ça a dégénéré, c'est allé trop vite. Cette situation m'a échappé, jure-t-il. Moi, je lui ai mis juste une claque. » La présidente Agnès Vadrot l'a recadré : « Ce n'est pas ce que dit la victime. » Paul Auguste Gohi a assumé davantage : « Je reconnais que c'est moi qui lui ai fait toutes ces méchancetés-là », expliquant avoir uniquement voulu intimider la victime : « Je n'ai pas fait ça pour le plaisir. Le but était de lui faire peur. » Tous deux, en état d'ébriété ce soir-là, ont assuré ne s'être ensuite préoccupés du sort du jeune homme.

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Les réquisitions et le verdict

La procureure Céline Hortal, qui avait requis pour chacun des mis en cause dix ans d'emprisonnement, a résumé l'objectif de tant de cruauté : « Instaurer la supériorité par la peur, l'humiliation et la violence ». Pour Sergio Dos Santos, son avocat Me Benjamin Ollie a insisté sur la nécessité de distinguer la responsabilité de son client de celle de son coprévenu. « Sur la totalité des faits de violence dénoncés, il n'y a que la gifle », a-t-il soutenu, rappelant que son client ne serait impliqué dans aucun trafic de stupéfiants et que « la politique de la terreur » décrite par le parquet « n'est pas celle de M. Dos Santos ». Cet argumentaire n'a pas convaincu le tribunal, qui a condamné les deux jeunes hommes à sept ans d'emprisonnement. En outre, le mercredi 22 juillet, Sergio Dos Santos Mendes Cardoso a écopé de 24 mois supplémentaires dans une affaire de violence en réunion dans le Vieux-Nice.