Mort d'un manifestant le 17 octobre : ce que l'on sait
Mort d'un manifestant le 17 octobre : ce que l'on sait

Un manifestant de 59 ans, Christophe M., est décédé samedi 17 octobre à Paris des suites d'un arrêt cardiorespiratoire, alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu affirmait lundi 19 octobre qu'« il n'y a pas eu de personnes tuées » lors des manifestations. La famille de la victime envisage de déposer plainte pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner » devant l'Inspection générale de la Police nationale (IGPN).

Les circonstances du décès

Selon la préfecture de police de Paris, samedi à 18h20, « un équipage de sapeurs-pompiers est sollicité pour un homme de 59 ans inconscient sur la voie publique » au niveau du boulevard de Magenta, près de la place de la République. La prise en charge a été rendue complexe en raison des « conditions de sécurité dégradées aux alentours », alors que des pillages, des barricades en feu et des tirs de gaz lacrymogènes avaient lieu dans le secteur. Christophe M. a été transporté au centre de secours de Château d'Eau, où il est décédé à 18h55.

La préfecture de police estime que ce décès serait « sans lien avec les violences ou une quelconque action des forces de l'ordre ». Le parquet de Paris a annoncé l'ouverture d'une enquête « en recherche des causes de la mort ». Les résultats de l'autopsie sont attendus « au plus vite ».

La famille réclame des réponses

L'avocat de la famille, Me Youri Krassoulia, accuse les autorités de « jouer la montre », auprès de BFMTV. Quatre jours après le décès, l'entourage de Christophe M. n'a toujours aucune information sur les circonstances. « Nous demandons ces résultats d'autopsie dès qu'elle aura été effectuée, pour connaître les causes de la mort », a insisté Me Krassoulia, mandaté par la conjointe du défunt, dans des propos rapportés par l'AFP.

Les proches peinent à croire qu'un arrêt cardiorespiratoire soit survenu sans raison. Ils soupçonnent le maintien de l'ordre, notamment l'emploi massif de gaz lacrymogènes sur le boulevard Magenta, d'avoir joué un rôle. Selon l'avocat, la victime ne présentait pas de problèmes de santé. « De quoi est mort Christophe ? [...] Ses proches n'ont aucune information. Ils ont besoin de savoir si les forces de police sont responsables de son décès », a-t-il déclaré à BFMTV. « Personne ne nous tient au courant de ce qu'il se passe », a-t-il déploré auprès de l'AFP.

Un second décès confirmé

Un autre décès, lié à des violences commises au lendemain du 17 octobre, a été confirmé. Un homme de 48 ans est mort lundi 19 octobre à 1h10, rue Berger, dans le quartier de Châtelet, « des suites d'un malaise sur la voie publique », selon le parquet de Paris. Une enquête pour recherche des causes de la mort a été ouverte. Contrairement à Christophe M., l'identité de cet homme n'est pas connue.

Les proches de Christophe M. cherchent désormais des informations ou témoignages, notamment des vidéos prises avant et au moment du décès. Des internautes avaient d'abord supposé que la victime était un « street medic », dont une vidéo le montrant se faire frapper par des policiers sur la place de la République avait été largement relayée. Ce dernier, Antoine, regrettait auprès du « Nouvel Obs » que cette confusion empêchait « l'identification de la personne décédée » ce jour-là.