À Montpellier, la fac de sciences occupée s'organise en autogestion
Fac de Montpellier : occupation et autogestion au quotidien

À la faculté des sciences de l'Université de Montpellier, le Comité de mobilisation (Comob) du campus Triolet, rebaptisé Truel, a organisé ce jeudi 22 octobre une assemblée générale de convergence des luttes. L'objectif : élargir le mouvement à celles et ceux qui le soutiennent sans y avoir encore pris part. Lycéens, étudiants, enseignants, salariés, chômeurs ou syndiqués étaient conviés à s'exprimer.

Une AG pour élargir le mouvement et répondre au président

Selon les six membres du Comob, cette AG visait aussi à répondre aux déclarations du président de l'Université de Montpellier, Philippe Augé, car « rien dans la déclaration présidentielle […] ne répond aux revendications portées dans la rue : la mobilisation continue ». Ils ajoutent : « si on veut faire avancer les choses, il faut qu'on se rencontre, qu'on s'organise, qu'on discute. On le fait sous forme d'AG parce que cela permet une réelle démocratie, qui donne la parole à tout le monde ».

Une occupation organisée et autogérée

Sur ce campus occupé – le Comob insiste sur le terme « occupation » et non « blocus » –, la démocratie horizontale se manifeste dans les moindres détails de la vie commune. Sébastien Tessier, désigné guide pour la presse par le Comob, décrit la vie quotidienne : cuisine, ménage, vaisselle, rangement, tours de garde au portail d'entrée. « On prend soin des petits bobos aussi et de la santé mentale des étudiants », précise-t-il. Les cours habituels ne sont plus dispensés, mais des cours de soutien et des cours alternatifs sont donnés, avec un emploi du temps évolutif inscrit sur un tableau tracé à la craie sur les murs, « pour ne rien abîmer ». Des ateliers quotidiens sont proposés : street medic (soins de rue), communication hors réseaux sociaux, fabrication de pancartes et banderoles. Le Comob conclut : « On est un lieu de démocratie heureuse. Et cette AG de convergence, ce n'est que le début de la lutte… »

Les enseignants solidaires et la menace d'un déblocage forcé

Lors de l'AG, de nombreux enseignants étaient présents, solidaires du mouvement étudiant. Une AG des personnels a approuvé mercredi soir la légitimité du mouvement. L'un d'eux témoigne : « Le débat porte bien sûr sur Parcoursup ou MonMaster mais la discussion va bien plus loin et leurs revendications rejoignent les nôtres. On ne peut que constater, ces dernières années, un processus d'accélération de la privatisation des facs, comme en témoigne l'irruption de Total au sein de l'Université de Montpellier. Or, ce n'est pas l'université que l'on veut. »

Sur le campus de Paul-Valéry, bloqué depuis le 1er octobre pour « l'inscription des sans-fac », l'exonération des frais d'inscription pour les étudiants étrangers et en soutien aux lycéens, le Scum (Syndicat de combat universitaire de Montpellier) appelait à la mobilisation urgente. Selon le syndicat, la présidence de l'université a lancé un ultimatum jeudi 22 octobre : elle appellera les CRS pour débloquer de force le campus dans la nuit. Le syndicat annonce qu'il résistera.