Parcoursup : le gouvernement promet une refonte, pas une suppression
Parcoursup : refonte promise, pas de suppression

Le gouvernement s'engage à modifier Parcoursup, la plateforme d'accès à l'enseignement supérieur, sans toutefois céder aux organisations qui réclament sa suppression. Vendredi, Emmanuel Macron a reconnu le « besoin d'une refonte en profondeur » de l'outil. Une « concertation flash », organisée pendant une dizaine de jours, doit permettre de dégager des pistes d'amélioration, avec de premières décisions attendues lundi.

Une meilleure orientation et moins d'inégalités

Le premier chantier concerne l'orientation. Les lycéens sont théoriquement censés bénéficier de 54 heures d'accompagnement par an, soit 1h30 par semaine. Mais ces heures ne sont pas toujours assurées, comme le soulignait un rapport parlementaire en février. « Cela relève du bénévolat », déplore Laetitia Aresu, secrétaire générale de la CFDT Education, à propos des heures de vie de classe assurées par les professeurs principaux. La concertation envisage donc de renforcer l'orientation dès la seconde.

Autre piste, la suppression du lycée d'origine dans les dossiers Parcoursup. Aujourd'hui, les formations connaissent l'établissement des candidats, une information dénoncée par les organisations lycéennes comme une source d'inégalités. Certains établissements du supérieur tiennent en effet compte de la réputation des lycées. Mais cette suppression pourrait compliquer l'évaluation des dossiers. Pour le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, cette possibilité doit être examinée, même si elle présente des difficultés.

Un contrôle continu repensé et transparence

Le contrôle continu pourrait également être revu. Les notes obtenues au lycée servent à départager les candidats, alors que les pratiques de notation diffèrent selon les établissements. « Il y a une vraie question autour du contrôle continu », reconnaît Gilles Roussel, président de la concertation. Parmi les solutions envisagées figurent des banques d'épreuves ou des QCM normalisés pour disposer de notes de référence. Les épreuves de spécialité du baccalauréat, organisées en juin depuis 2024, arrivent trop tard pour être prises en compte dans les dossiers Parcoursup.

La transparence des critères de sélection est également au programme. Un rapport parlementaire publié en février recommandait de rendre publics les algorithmes locaux utilisés par les formations pour classer les candidats ou, au minimum, de préciser la hiérarchie des critères retenus. Le président de l'université Paris-Dauphine, Bruno Bouchard, propose même de publier « non seulement l'algorithme, mais peut-être le score du dernier retenu ».

Davantage de places et une plateforme simplifiée

Mais modifier Parcoursup ne suffira pas à résoudre le manque de places dans certaines formations. Philippe Baptiste reconnaît des « tensions réelles », notamment en Ile-de-France et pour les titulaires de baccalauréats professionnels et technologiques. La création de places supplémentaires est donc envisagée, même si elle suppose des moyens budgétaires. Les principales organisations étudiantes en réclament 250.000, contre 2.000 pour les présidents d'universités.

Enfin, le fonctionnement de Parcoursup pourrait être simplifié. Le gouvernement envisage une plateforme plus ergonomique, une modification du calendrier et même un éventuel changement de nom. Reste à savoir quelles mesures pourront être appliquées dès 2027. La concertation suscite déjà des critiques : plusieurs organisations étudiantes et syndicats l'ont boycottée, tandis que l'Unsa dénonce « un simulacre de concertation ». Les premières annonces sont attendues lundi, alors que les lycéens poursuivent leur mobilisation.