Un Montpelliérain de 36 ans, Aloys, a été condamné le 8 juillet à 24 mois de prison dont 18 avec sursis pour une série de délits commis le 26 septembre 2025. Ivre et sous stupéfiants, il avait renversé un piéton, incendié une voiture et proféré des menaces de mort.
Une soirée qui dégénère
Ce soir-là, Aloys a consommé de la vodka, du cannabis et de la cocaïne avec sa compagne. Vers 22 heures, il a pris le volant bien qu'il n'ait plus de permis de conduire. Il se rend chez un collègue de travail qui passait la soirée en famille. Selon le témoignage d'un des hôtes, « dès qu'il est arrivé, il a été menaçant ». Après un apéritif, la tension monte et les locataires demandent au couple de partir. Une bagarre éclate, au cours de laquelle Aloys donne des coups avec un balai et sa compagne utilise une bombe lacrymogène.
Mis à la porte, Aloys frappe la porte pendant plusieurs minutes en proférant des insultes et des menaces de mort : « je vais te crever lundi matin au travail ». Il met ensuite le feu à une voiture de ses hôtes à l'aide d'un briquet et de mouchoirs. Les flammes se propagent à un autre véhicule appartenant à un voisin. Il prévient par téléphone : « Tu auras une belle surprise demain matin ».
Un piéton renversé, un autre évité
Totalement ivre et hystérique, il prend le volant du fourgon de sa société et recule à plusieurs reprises dans le volet métallique du garage de ses hôtes. Il roule ensuite à grande vitesse en ville et percute un piéton, vers 23h40, rue du Faubourg-du-Courreau. La victime, un homme sous tutelle, est emmenée au CHU mais repart malgré une suspicion de traumatisme crânien. Il n'a pas déposé plainte. Le couple manque ensuite de renverser un autre piéton, selon l'aveu de la compagne d'Aloys, qui confie avoir eu très peur.
Le périple se poursuit vers le quartier des Marels pour acheter de la cocaïne, où les policiers mettent fin à l'équipée. Placé en garde à vue le 27 septembre 2025, Aloys est inexplicablement remis en liberté sans aucune suite judiciaire. Il n'est reconvoqué que neuf mois plus tard, jugé en comparution immédiate le 8 juillet.
Un lourd passé judiciaire
Aloys cumule onze condamnations, quasiment toutes pour des délits routiers. Il a été incarcéré un an en 2010. En 2022, il écope de huit mois d'emprisonnement et 750 € d'amende pour conduite sous stupéfiants, conduite sans permis et vitesse excessive. En 2024, il est condamné à cinq mois de prison pour des violences sur personne vulnérable : il avait donné une claque derrière la tête de sa sœur enceinte avant de lui cracher dessus. C'est la révocation de ce sursis de cinq mois qui mène à son interpellation et à son jugement pour les faits du 26 septembre.
Lors de son procès, Aloys déclare : « Aujourd'hui, j'ai un nouveau travail et je me déplace en tramway ». Interrogé sur son addiction, il répond avoir commencé une cure de désintoxication en mai 2025 mais avoir été viré après avoir fumé du cannabis. Depuis un an, il n'a rien fait. Il reconnaît consommer du cannabis tous les jours et de la cocaïne chaque semaine.
Des réquisitions et un verdict
La procureure requiert 30 mois d'emprisonnement ferme, estimant qu'« il est important de protéger la société et l'ordre public ». L'avocat d'Aloys plaide pour une « peine mixte avec sursis probatoire renforcé », soulignant qu'entre-temps, son client a démissionné de son travail et s'est abstenu de croiser ses victimes. Les juges optent pour 24 mois de prison dont 18 avec sursis. Aloys devra utiliser un véhicule équipé d'un éthylotest antidémarrage s'il retrouve son permis. Il a interdiction de détenir une arme et de contacter ses victimes. L'avocate des victimes rappelle « le cauchemar » vécu par celles-ci, soulignant que le véhicule incendié n'a pas été pris en charge par l'assurance.



