Un jeune homme de 20 ans, sans domicile fixe, a été condamné à deux ans de prison avec maintien en détention par le tribunal correctionnel de Montpellier, vendredi 16 octobre, pour une quarantaine de vols ou tentatives de vols commis dans des parkings de résidences à Montpellier et Saint-Jean-de-Védas. Les faits, perpétrés principalement en août dernier et en octobre 2025, lui permettaient de subvenir à ses besoins élémentaires, notamment se nourrir et se loger.
Des effractions quasi quotidiennes au tournevis
Le jeune Montpelliérain a commis des effractions de façon compulsive, quasi quotidiennes, dans des parkings de résidences aux quatre coins de Montpellier, à l'aide d'un tournevis plat. Les enquêteurs de la police ont pu lui attribuer cette série de faits grâce à l'exploitation d'images de vidéosurveillance, ainsi qu'une autre série commise en octobre 2025 jusqu'à Saint-Jean-de-Védas.
Les quartiers visés incluent Antigone, Port Marianne et Rondelet. Le prévenu faisait main basse sur tous les objets de valeur qu'il pouvait revendre facilement dans un magasin d'articles d'occasion : enceintes, batteries, écouteurs, vêtements. Ces délits étaient devenus son mode de subsistance. Interrogé à l'audience, il a déclaré : « S'il y avait de l'argent dans la voiture, je le prenais pour manger ou me payer une chambre d'hôtel. » Il a également confié : « Dans ma tête, j'avais plus rien à perdre », précisant dormir « dans des garages ».
Un parcours marqué par la précarité et neuf condamnations antérieures
Le parcours du jeune homme est décrit comme chaotique. Placé en famille d'accueil dès l'âge de six mois en raison de parents défaillants, il a ensuite connu plusieurs foyers, puis la rue à sa majorité. À l'occasion, il logeait à l'hôtel ou chez des amis. Son casier judiciaire compte déjà neuf condamnations pour vol, vol aggravé, escroquerie, affaire de stupéfiants, conduite sans permis et refus d'obtempérer. Sa dernière condamnation remontait à mai dernier, au tribunal de Vesoul. C'est par le biais de son ex-compagne qu'il est arrivé à Montpellier.
À l'audience, une avocate des parties civiles a souligné l'impact des actes du prévenu : « On est forcément très touché par le parcours de monsieur, mais il faut aussi qu'il entende que par son comportement, il est venu heurter des vies elles aussi difficiles. » Parmi les victimes figurent des personnes fragiles, dont un couple de 70 ans dont la voiture a été roulottée alors qu'ils venaient de subir l'inondation de leur maison à Lattes. Une seule victime était présente à l'audience : un jeune homme originaire de la Drôme, de passage à Montpellier, à qui le prévenu a pris divers effets personnels, certains à valeur sentimentale. Le prévenu lui a présenté ses excuses.
Une peine de deux ans ferme, incluant une révocation de sursis
Son avocat, Me Clément Murat, est revenu sur la « vie cauchemardesque » de son client, qui affirme avoir subi des violences physiques, sexuelles et morales pendant ses séjours en foyer. Pour lui, « cette affaire révèle l'échec du système judiciaire et de la société ». Malgré des stages de citoyenneté, des travaux d'intérêt général et des peines avec sursis probatoire, le jeune SDF se retrouvait une fois de plus devant la justice. Il a demandé au tribunal : « Il ne fait pas enterrer son futur. »
Le tribunal a finalement prononcé une peine de deux ans de prison avec maintien en détention, incluant la révocation de la peine avec sursis prononcée quelques mois plus tôt par le tribunal de Vesoul. Cette condamnation marque une nouvelle étape dans un parcours judiciaire déjà chargé, et soulève des questions sur l'efficacité des mesures alternatives face à une grande précarité.