Ce samedi 24 octobre, Montpellier vit au ralenti. Aucun tramway, aucun bus ne circule dans la ville, les commerces sont fermés ou barricadés et la place de la Comédie est vide, une situation rarissime pour un samedi. La mobilisation, appelée « Acte II », fait suite à la manifestation du 17 octobre qui avait rassemblé environ 35 000 personnes avant de virer au chaos.
Transports à l'arrêt et commerces barricadés
Dès 8h35, Georges et Anne, deux touristes parisiens, témoignent : « C'est incroyable, il n'y a aucun tramway. On doit se rendre à la gare et on est un peu perdu. » En raison d'un dispositif de sécurité renforcé décidé par la préfète de l'Hérault, Chantal Mauchet, les cinq lignes de tramway et les bus intra-muros sont suspendus pour la journée. Le service doit reprendre normalement dimanche 25 octobre.
Les commerçants, inquiets, ont pris leurs précautions. Certains ont barricadé leurs boutiques pour éviter tout risque de pillage, comme le McDonald's de la Comédie qui n'a pas sorti sa terrasse. « En revanche, les parasols on ne peut pas les rentrer… », explique un employé. Un habitué de la place confie : « La ville est morte, ça fait bizarre. »
Mesures préfectorales et décision du tribunal administratif
La préfète Chantal Mauchet a pris une série de mesures pour ce samedi : interdiction de la manifestation (contestée devant le tribunal administratif), interdiction de rassemblements dans le centre-ville, couvre-feu pour les mineurs, suspension des transports en commun et autorisation de captation par drone. Le tribunal administratif de Montpellier n'avait pas encore rendu sa décision vendredi concernant l'arrêté préfectoral interdisant la manifestation prévue par le syndicat FO ESR. La décision doit être communiquée dans la matinée.
Un centre-ville en attente
La place de la Comédie, d'ordinaire animée, est quasi déserte. Quelques personnes sirotent un café en terrasse, quelques passants traversent, mais rien à voir avec un samedi matin ordinaire. Les forces de l'ordre devraient être plus nombreuses que la semaine précédente, où des casseurs et des pilleurs avaient gâché la mobilisation du 17 octobre.
Le centre-ville reste en attente de ce qui va se passer, chacun espérant que cette journée ne connaîtra pas les mêmes débordements que la semaine dernière.