Le maire d'Alès, Christophe Rivenq, a été la cible d'une menace de mort explicite, diffusée sur les réseaux sociaux par des individus se réclamant de la DZ Mafia. La vidéo, mise en ligne le 16 juillet 2026, montre un homme cagoulé menaçant directement l'édile, en représailles à sa politique de lutte contre le narcotrafic dans cette ville du Gard.
Une vidéo de menace diffusée sur les réseaux sociaux
Dans la séquence, qui dure environ une minute, l'individu déclare : « On va te buter, toi et ta famille. Tu as voulu jouer au caïd, tu vas payer. » La vidéo, partagée sur Snapchat et Telegram, a rapidement circulé, provoquant une onde de choc dans la municipalité et au-delà. Selon une source proche de l'enquête, la DZ Mafia est un groupe criminel originaire de Marseille, impliqué dans le trafic de stupéfiants et connu pour ses méthodes violentes.
La réaction du maire et des autorités
Christophe Rivenq, maire divers droite d'Alès depuis 2020, a porté plainte dès le lendemain. Dans un communiqué, il a affirmé : « Je ne céderai pas à l'intimidation. La République est plus forte que ces criminels. » Le parquet d'Alès a ouvert une enquête pour « menaces de mort en bande organisée », confiée à la police judiciaire de Nîmes. Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a condamné « avec la plus grande fermeté ces menaces inadmissibles » et assuré que « tous les moyens seront mis en œuvre pour identifier et arrêter les auteurs ».
Un contexte de lutte contre le narcotrafic
Alès, ville de 40 000 habitants, est confrontée depuis plusieurs années à une recrudescence du trafic de drogue, notamment de cannabis et de cocaïne. La municipalité a mis en place en 2024 un plan de sécurisation renforcée, avec l'installation de caméras de vidéosurveillance et des opérations coup-de-poing menées avec les forces de l'ordre. Selon les données de la préfecture, les saisies de stupéfiants ont augmenté de 35 % en 2025 par rapport à l'année précédente. Cette offensive a valu à Christophe Rivenq des inimitiés dans le milieu criminel.
Les précédents et la réaction de la classe politique
Ce n'est pas la première fois qu'un élu local est menacé par des trafiquants. En 2024, le maire de Saint-Ouen-sur-Seine avait reçu des menaces similaires. Plusieurs élus, de droite comme de gauche, ont apporté leur soutien au maire d'Alès. Le président de la région Occitanie, Carole Delga, a déclaré : « Nous sommes tous solidaires face à cette violence inacceptable. » La question de la protection des élus est relancée, alors que le Sénat examine un projet de loi visant à renforcer les sanctions contre les menaces envers les personnes dépositaires de l'autorité publique.
Les suites judiciaires et les mesures de protection
Christophe Rivenq a été placé sous protection rapprochée, avec une escorte policière 24 heures sur 24. La police technique et scientifique analyse la vidéo pour identifier l'auteur. Les enquêteurs explorent également la piste d'un lien avec un récent démantèlement d'un réseau de trafic à Alès, qui avait conduit à l'interpellation de dix personnes en juin 2026. Selon une source judiciaire, « les menaces pourraient être une tentative d'intimidation pour entraver la poursuite des enquêtes ».



