Verdict lourd pour les fondateurs du réseau criminel Athanor
La cour d'assises spécialement composée de Paris a rendu son verdict ce vendredi dans le procès de l'officine criminelle Athanor. Les deux fondateurs du réseau, présenté par l'accusation comme issu d'une loge maçonnique « dévoyée », ont été condamnés à de lourdes peines, tandis que cinq des 22 accusés ont été acquittés.
Daniel Beaulieu, ancien agent des renseignements intérieurs, a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle. Frédéric Vaglio, présenté comme celui qui décrochait les contrats criminels, écope de 25 ans. Sébastien Leroy, considéré comme le principal exécutant, a été condamné à 27 ans de réclusion, soit une peine supérieure aux 22 ans requis par le parquet général.
Plusieurs accusés mis hors de cause
En revanche, Dylan Bilheude, 33 ans, a été acquitté au bénéfice du doute. Ses avocats, Mes Pierre Vinot et Victor Zagury, ont salué cette décision : « C'est vertigineux. Comme nous le soutenions depuis le début de l'instruction puis tout au long du procès, les éléments du dossier permettaient d'établir l'innocence de notre client. »
Le couple Alain et Nancy Maarek a également été acquitté. La cour a estimé qu'ils n'avaient « pas donné instruction » de commettre le meurtre de Laurent Pasquali. Le médecin et l'ingénieure avaient sollicité Athanor pour récupérer une créance de 100.000 euros. Leurs avocates, Mes Clarisse Serre et Daphnée Pugliesi, se sont dites « extrêmement soulagées », estimant toutefois que leurs clients avaient été « traînés dans la boue ». Elles ont ajouté : « C'est l'aboutissement de six années de combat judiciaire. »
Une véritable entreprise criminelle
Selon l'accusation, Athanor fonctionnait comme une entreprise criminelle proposant notamment des meurtres, tentatives d'assassinat, passages à tabac et vols. Le réseau réunissait notamment des policiers, des chefs d'entreprise et des militaires rattachés à la DGSE. Les deux dirigeants revendiquaient une appartenance, passée ou actuelle, aux services de renseignement et promettaient une forme d'impunité à leurs exécutants et à leurs clients.
Le procès a également mis en lumière le rôle de deux militaires rattachés à la DGSE, Pierre Bourdin et Carl Esnault, arrêtés en juillet 2020, événement qui a conduit à la chute du réseau. Ils ont été condamnés respectivement à 12 et 9 ans de réclusion criminelle. Lors de ses derniers mots, Daniel Beaulieu, en fauteuil roulant depuis sa tentative de suicide en détention, s'est levé avec l'aide de policiers et a déclaré : « Pardon à la France que j'ai servie » ainsi qu'« aux victimes, pour ce que j'ai fait, accepté de faire, laissé faire ».



