Au lendemain de la journée d'émeutes et de pillages généralisés du 17 octobre à Marseille, le maire Benoît Payan (DVG, ex-PS) a multiplié les interventions médiatiques ce week-end, oscillant entre indignation, incompréhension et accusations de laisser-faire organisé par l'État. Il a notamment déclaré : « Malheureusement pour l'État, tout ça est archivé dans des vidéos à Marseille ».
Des accusations de laisser-faire contre l'État
« Je ne comprends pas comment, en toute impunité, des personnes ont pu, pendant des heures, massacrer ma ville, casser des commerces, casser la mairie, casser un commissariat, sous les yeux de personnes qui auraient dû intervenir. Je veux savoir ce qu'il leur a été demandé. Je vais savoir heure à heure quels ordres leur a été donné », a lâché le maire élu en mars dernier.
Benoît Payan avance l'idée que les effectifs de police, plus que battus par l'étendue des troubles et le nombre d'émeutiers, auraient volontairement laissé le commissariat municipal et le hall de la mairie être vandalisés. Il porte de lourdes accusations contre l'État : « Les forces de l'ordre en sous-nombre, en sous-effectifs, c'est les mettre en danger, c'est mettre en danger les lycéens. Par contre, les casseurs, eux, sont plutôt restés tranquilles. C'est pour ça que, malheureusement pour l'État, tout ça est archivé dans des vidéos à Marseille », a-t-il déclaré ce dimanche.
Une menace de diffusion des vidéos
Complétant ses propos, l'élu a indiqué : « Je respecterai la loi, je n'ai pas le droit de les diffuser. Mais s'il y a une commission d'enquête parlementaire, je les donnerai », sans autre précision. Cette menace intervient alors que le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, doit se rendre à Marseille. Benoît Payan a dit entendre « lui demander la vérité, je veux obtenir la vérité ».
Selon un bilan communiqué par la préfecture ce dimanche, « 434 policiers nationaux locaux et 240 CRS ont été engagés entre 7 heures et une heure du matin », recevant également le renfort de 2 centaures comprenant 12 gendarmes mobiles, de 13h30 à 23h30, 77 gendarmes mobiles de 20 heures à 7h30 et 75 effectifs PSIG de 20 heures à minuit, pour un total de « 4.000 grenades lacrymogènes lancées ».
Contestation des chiffres officiels
L'ancien socialiste s'est aussi érigé contre ces estimations des autorités qui ont évoqué « 30.000 pilleurs dont 8.000 émeutiers au plus fort de la journée » : « Cela représente la moitié du Vélodrome, c'est ridicule », a estimé l'élu sur France Inter, qui avance de son côté le chiffre de 1500, qui lui aurait été soufflé par « des gradés de la préfecture de police ».
Le maire de Marseille exige désormais des réponses claires sur les ordres donnés aux forces de l'ordre pendant cette journée de violences, alors que la visite du ministre de l'Intérieur est attendue dans la cité phocéenne.