Le maire d'Alès, Christophe Rivenq, a été exfiltré de son domicile par le Raid dans la nuit du 20 au 21 juillet, après avoir reçu des menaces de mort signées du clan DZ Mafia. L'élu, également président de l'agglomération, a été mis en sécurité tandis que les forces de l'ordre ont procédé à des vérifications dans sa maison.
Un courrier anonyme aux accents mafieux
Selon les informations de Libération, le maire a reçu un courrier anonyme, rédigé en lettres capitales, dans lequel ses auteurs se revendiquaient du clan DZ Mafia, organisation criminelle originaire de Marseille. Le message contenait des menaces de mort explicites, sans toutefois formuler de demande précise. La lettre a été transmise au parquet d'Alès, qui a ouvert une enquête pour menaces de mort en bande organisée.
Christophe Rivenq, qui a porté plainte, a expliqué à nos confrères de France Bleu : « J'ai reçu une lettre de menaces très claires, signée DZ Mafia. On m'ordonnait de quitter la ville ou de démissionner. J'ai immédiatement prévenu les autorités. »
Une intervention du Raid pour sécuriser les lieux
Face à la gravité des menaces, le Raid, unité d'élite de la police nationale, a été dépêché sur place. Les agents ont procédé à une fouille minutieuse du domicile du maire, à la recherche d'explosifs ou de dispositifs malveillants. Aucun engin n'a été découvert. L'élu a ensuite été exfiltré vers un lieu tenu secret, où il est placé sous protection.
Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a condamné ces menaces sur Twitter : « Soutien total au maire d'Alès. Le Raid est intervenu pour le protéger. Les auteurs seront identifiés et punis. »
Un climat d'insécurité croissante pour les élus
Cette affaire s'inscrit dans un contexte de multiplication des menaces et des agressions visant les élus locaux. Selon un rapport du ministère de l'Intérieur, 1 500 faits de violence contre des élus ont été recensés en 2022, soit une hausse de 32 % par rapport à l'année précédente. Les maires sont particulièrement exposés, notamment dans les petites communes.
Christophe Rivenq, maire Les Républicains d'Alès depuis 2020, avait déjà été confronté à des tensions dans sa ville, marquée par des trafics de stupéfiants. En mars dernier, une opération de police avait permis de démanteler un point de deal dans le quartier de la Prairie, avec l'interpellation de plusieurs individus liés à la DZ Mafia.
Une enquête confiée à la police judiciaire
L'enquête a été confiée à la direction interrégionale de la police judiciaire de Montpellier. Les enquêteurs cherchent à identifier les auteurs du courrier et à déterminer s'ils sont en lien avec le réseau marseillais. La DZ Mafia, connue pour ses activités de trafic de drogue et d'extorsion, a étendu son influence dans le Gard ces dernières années.
Le parquet d'Alès a précisé que l'enquête est en cours et que les investigations se poursuivent pour faire la lumière sur ces menaces. Christophe Rivenq, lui, a repris ses activités depuis un lieu sécurisé, assurant que « la démocratie ne cédera pas face à la menace mafieuse. »



